‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 133 sur 211 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Et moi, rigide enfant de la terre sabine,

Je ne suis plus ta femme, et suis ta concubine!

BRUTUS

Oh! vous êtes encor la femme de Brutus, L'épouse au cœur solide, aux antiques vertus; Celle qui tant de fois a versé le dictame Sur les déchirements si profonds de cette âme; Celle par qui toujours le fardeau s'allégea!

PORCIA

S'il était vrai, Brutus, je saurais tout déjà. Je suis une femme, oui, mais d'origine ancienne... Cette femme, Brutus l'a prise pour la sienne; Cette femme, — dans Rome enfin l'ignore-t-on? — Se nomme Porcia, la fille de Caton!

Crois -tu qu'elle n'ait point de cœur, et dégénère, Femme d'un tel époux et fille d'un tel père? — Ainsi donc, cher Brutus, livre-moi ton dessein. Et je l'enfermerai dans l'ombre de mon sein; Et, j'en fais le serment, si jamais la torture. Effrayante, plus forte en moi que la nature. Voulait m'ouvrir la bouche avec ses doigts ardents, Brutus, je couperais ma langue entre mes dents!

BRUTUS

Viens, ma noble compagne, au cœur sûr et fidèle !.. Vous l'entendez, ô dieux! Rendez-moi digne d'elle!

On frappe en dehors On frappe.

2i8 LE TESTAMENT DE CESAR.

PORCIA

Cassius, sans doute?

BRUTUS

Oui.

PORCIA

Mais pourquoi?

BRUTUS

Nous avons à causer ensemble : éloigne-toi.

PORCIA

Brutus de Porcia doute encore peut-être ?...

Tant mieux! Ce que je suis, tu pourras le connaître.

STRATON , à Cassius.

Entrez, seigneur.

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