‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 144 sur 211 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Certe, en les prononçant tout mon cœur est brisé,

Mon bras qui se levait tombe paralysé :

Mais à Rome qui meurt, sous le joug avilie.

Qu'importe que César ait aimé Servilie?

Est-ce que l'univers s'informe, par hasard,

Si mon père est Marcus Brutus, ou bien César?

Ta famille, Brutus, c'est d'abord la patrie!

Que ta gloire égoïste à jamais soit flétrie.

Si, condamnant César, destructeur du sénat,

Tu crus pouvoir frapper sans que ton cœur saignât !

Non, l'âme chez Brutus, forte, calme et sereine,

L'âme soumet le corps ; elle est maîtresse et reine ! —

Ton fils t'a pardonné, ma mère; tu vois bien !

Approchant la lettre de la flamme.

Toi, pardonne à ton fils ! — Flamme et cendre ! plus rien. . . Ma mère fut toujours de son honneur jalouse : C'est de Marcus Brutus l'irréprochable épouse!

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