‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 151 sur 211 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

CLÉOPATRE

Non; mais défiez- vous : c'est un cœur ténébreux!

CÉSAR

Bah ! je lis couramment dans les livres hébreux!

CLÉOPATRE

Ce retour m'épouvante enfin... Rien ne l'explique

CÉSAR

Cléopâtre, les soins de la chose publique Absorbent tout mon temps. Octave est fort subtil! Veillez sur lui.

D'accord. Mais où se cache-t-iP — César, vous me quittez?

CÉSAR, allant à Octave.

Non, je reviens. — Octave, Tu dis vrai : Cléopâtre à Rome, c'est fort grave!

OCTAVE

Le péril de César avant tout m'a frappé.

CÉSAR

Oui. Malheureusement je suis fort occupé. Il faut donc qu'à ma place un ami la surveille. T'en chargerais-tu bien ?

OCTAVE

Moi, mon oncle? à merveille !

Mais où la trouver? Rome est grande !

CESAR

Attends un peu. —

Allant à Cléopàtre.

Reine, je vous présente Octave, mon neveu.

Il la quitte, va prendre Octave par la main, et le conduit vers Clcopatre.

Toi, qui de la beauté fus toujours idolâtre.

Soulevant le voile de Cléopàtre.

Tu vas souper avec la reine Cléopàtre, Octave.

OCTAVE ET CLÉOPÀTRE, Stupéfiés.

Ah!

CÉSAR, à part.

L'oiseleur est pris dans ses filets.

Bas, à Cléopàtre.

Octave logera près de vous au palais :

Ba:-, à Octave.

Vous êtes son gardien. — Il faut que je la tienne Dans la chambre secrète en face de la tienne, Afin que tes regards la suivent, plus aigus. Plus vigilants que ceux du fabuleux Argus.

OCTAVE, bas, à César.

Oh! mes yeux la suivront, je puis vous le promettre.

Haut à Cléopàtre.

La déesse du Nil veut-elle me permettre De lui baiser la main, adorateur soumis?

CLEOPATRE

Le neveu de César, à qui seul est promis

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