ACTE IV
11 est venu.
LE DEVIN
Venu, César; mais non passe HÉLÈNE, voilée, s'approchant de César.
César, lis ce billet.
CÉSAR
Beauté mystérieuse, Je lirai, mais plus tard : l'heure est trop sérieuse ! Et le fils de Vénus a, dans un pareil jour, Peu de temps à donner aux messages d'amour.
HÉLÈNE
Il est de Cythéris.
D'elle? C'est autre chose.
Il vient sur le devant du théâtre pour lire le billet ; les conjurés et la foule demeurent à quelque distance.
CASCA^ à Trébonius.
Que veut donc cette femme à César?
TRÉBONIUS
Je suppose Que c'est quelque vertu de médiocre aloi ; Ou bien quelque matrone, invoquant cette loi Que sous le ridicule en vain nous étouffâmes, Et qui doit à César livrer toutes les femmes.
CÉSAR, lisant.
(( Crains Brutus, ô César !. Prends garde à Cassius. I. 24
(( Observe bien Cinna, Casca, Trébonius.
(( Ruga, Cimber, Gurgès, ont subi ta censure,
« Et dans ces cœurs profonds saigne encor la blessure! .
« On traîne avec des fleurs la victime à l'autel...
(( Si véritablement tu n'es pas immortel,
{( Veille sur toi, César,' — et leur complot s'ajourne.
(( Si tu l'es, que ton œil un moment se détourne
(( Pour voir dans l'ombre, loin de ces hommes flétris,
« Celle qui te contemple à genoux !
Pauvre femme, pour moi combien ta crainte est vive ! Que huit jours seulement encore César vive, Il ne restera plus, oh ! c'est à parier. Une feuille, une seule, à ton chétif laurier!
Il appelle.
Hélène? — Disparue!
Pendant qu'il écrit sur ses tablettes, les conjurés suivent des yeux tou3 ses mouvements, et s'entretiennent à voix basse, avec une certaine inquiétude.
Ecrivant.
(( Oh! bienfaisant génie
« Dont l'aile sur mon front plane, douce harmonie,
(( Je réponds à ta voix triste comme un adieu :
(( Fille de l'Ilissus, non. César n'est pas dieu;
« César n'est qu'un mortel! mais son pouvoir est ample,
(( Et César veut construire, en marbre grec, un temple
(( A Vénus dévouée, afin que Cythéris
{( Ait sa blanche statue à côté de Cypris! »
Appelant.
Byrrha 1