ACTE IV
BYRRHA.
Noble César?
Va porter ces tablettes.
CASSIUS, à Brutus.
Ils causent depuis quelque temps à voix basse. Vous êtes résolu, Brutus?
BRUTUS
Comme vous l'êtes.
CASSIUS
Ainsi nous avons tout mûrement calculé :
Cimber, pour le rappel de son frère exilé,
Va supplier César, qui de ce consulaire
A déjà refusé la grâce avec colère.
C'est un nouveau refus, et plus dur, j'en réponds.
Quand nous verrons Cimber se relever, frappons!
CIMBER, s'approcliant de César.
O César! fils des dieux ! le monde est ta conquête : A tes genoux sacrés j'apporte ma requête.
CÉSAR
La flatterie? Allons, c'est un pauvre moyen : Je n'aime pas, Cimber, qu'un libre citoyen, Qu'un noble sénateur, couvert du laticlave. Aux pieds de son égal rampe comme un esclave! Faut-il que ton orgueil s'humilie à ce point?
28o LE TESTAMENT DE CÉSAR
Voyons si ta demande est juste, ou ne l'est point? Parle donc, mais debout, sans réticence, et comme Un homme doit parler en face d'un autre homme!
CIMBER
Son oreille â ma plainte est sourde, je le vois.
Eh bien alors ! est-il ici quelque autre voix
Qui puisse, me rendant le juge moins contraire.
Obtenir de César la grâce de mon frère?
Tous se rapprochent de César, en cherchant leurs armes dans leurs toges.
* CASSIUS
Tu pardonnais jadis après avoir puni, César! Accorde-nous le rappel du banni.
CÉSAR
Cimber est exilé, Cassius; et j'estime Que jamais un exil ne fut plus légitime. Ainsi tu ne peux rien contre ma volonté : Elle ne change pas, — c'est l'immobilité!
CASCA
Au malheur de Cimber que César compatisse !
CÉSAR
Non; la pitié serait aujourd'hui l'injustice. Voyez plutôt : Brutus nous écoute, rêveur. Et ne demande point cette injuste faveur.
CIMBER, se relevant.
Eh bien donc!
Tous font un mouvement.