‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 38 sur 211 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

STROPHE DEUXIEME

* Mais si quelqu'un, en proie à son orgueil immense,

^ Oppresseur des humains^

* Abandonne aux transports d'une aveugle démence

"^ Et sa langue et ses mains ; *Si, méprisant les dieux, il brave la justice,

* Même au pied des autels;

* Qu'un destin malheureux sur lui s'appesantisse

* Pour venger les mortels !

'Et s'il a recueilli, par quelque ruse infâme, 'La dépouille des morts,

* Pourra-t-il, sacrilège, écarter de son âme

* Les flèches du remords ?

* Car, si tous les forfaits que le ciel doit maudire

* Honorent les méchants, —

'Dans nos jeux solennels, que me sert de conduire 'Les danses et les chants?

ANTISTROPHE DEUXIEME

' Je n'irai plus à Delphe, où frissonne l'impie,

' Je n'irai plus, ô dieux !

' Dans les temples sacrés d'Abès et d'Olympie

' Courber mon front pieux ; ' Si, par un témoignage évident et palpable,

' Apollon qui le voit, ' Du rriilieu de la foule arrachant le coupable,

' Ne le montre du doigt ! — Mais, ô grand Jupiter, si tout ce qui respire

Est soumis à ta loi.

Né souffre point qu'on doute ainsi de ton empire,

6o ŒDIPE ROI.

Éternel comme toi!

Les oracles anciens, profanes que nous sommes ! Respectés par Laïus, par nous sont outragés; Apollon, sans honneurs, languit parmi les hommes;

Les dieux sont négligés !

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