‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 61 sur 211 · STROPHE TROISIÈME · texte numérisé non relu

STROPHE TROISIÈME

ŒDIPE

Que pourrais-je encor voir, et que pourrais-je entendre

Qui ne me fût amer ?

De quelle bouche attendre

Une parole tendre,

Et qui pourrais-je aimer ?

O mes amis, chassez de la terre natale, Chassez bien loin ce mortel odieux ;

Cette tête fatale, Ce fléau qui sur vous s'étale.

Abominable au monde, abominable aux dieux !

LE CORYPHÉE

Par la pensée, ô toi plus malheureux peut-être, Combien j'aurais voulu ne jamais te connaître !

ANTISTROPHE DEUXIÈME

Va ! puisses-tu périr, toi qui dans les forêts,

Dans la morne clairière.

Détachas de mes pieds la sanglante lanière. Et, cruel, me sauvas le jour quand j'expirais !...

Pitié, pitié funeste !

Bienfait que je déteste î

A mes amis, à moi, quels tourments, quel remord Eût épargnés ma mort !

LE CORYPHÉE

* J'en suis à regretter pour toi ce triste sort !

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