STROPHE TROISIÈME
ŒDIPE
Que pourrais-je encor voir, et que pourrais-je entendre
Qui ne me fût amer ?
De quelle bouche attendre
Une parole tendre,
Et qui pourrais-je aimer ?
O mes amis, chassez de la terre natale, Chassez bien loin ce mortel odieux ;
Cette tête fatale, Ce fléau qui sur vous s'étale.
Abominable au monde, abominable aux dieux !
LE CORYPHÉE
Par la pensée, ô toi plus malheureux peut-être, Combien j'aurais voulu ne jamais te connaître !
ANTISTROPHE DEUXIÈME
Va ! puisses-tu périr, toi qui dans les forêts,
Dans la morne clairière.
Détachas de mes pieds la sanglante lanière. Et, cruel, me sauvas le jour quand j'expirais !...
Pitié, pitié funeste !
Bienfait que je déteste î
A mes amis, à moi, quels tourments, quel remord Eût épargnés ma mort !
LE CORYPHÉE
* J'en suis à regretter pour toi ce triste sort !