PROLOGUE. i
CYTHÉRIS.
Sans la réponse, rien.
Je le sais comme vous.
CASSIUS
Où donc est la réponse?
CYTHÉRIS.
La réponse, attendez... Ah! ce bruit nous l'annonce.
Un battement d'aile se fait entendre dans la draperie. Elle se lève.
Je ne me trompe pas, la voici.
Elle va à la fenêtre, et prend une colombe.
Dieux d'enfer!
CYTHÉRIS.
Vos gens faisaient bien mal le service de l'air! Elle détache un billet de l'aile de la colombe, et lit :
Colombe au joli pied rose, Pars : l'étoile brille, éclose.
Elle a dit : .4 la nuit close Souviens-toi! Je me souviens.
O messagère fidèle, Vole^ vole à tire-d'aile; Et, retournant auprès d'elle, Annonce-lui que je viens!
Hélène, prends Iris,
Baisant la colombe.
Va, ma pauvre petite,
Dans ta cage dorée.
HÉLÈNE
Oh! comme elle palpite !
CASSIUS
Cythéris, je vois bien qu'il faut me résigner; C'est le triomphateur qui sur vous doit régner. Avouez qu'il me traite en fils de Mithridate?... Je fuis! — Pourtant j'étais ici premier en date. Mais qu'importe à César, les dieux en sont témoins, Une usurpation ou de plus ou de moins? — Je suis vaincu.
CYTHÉRIS, bas, à Hélène.
L'a-t-on suivi?
HÉLÈNE
Cet homme sombre A l'angle du Vélabre est embusqué dans l'ombre.
CYTHÉRIS.
Oui, pour frapper César, vois-tu, c'est trop certain, Lorsqu'il regagnera d'ici le Palatin.
Haut.
Hélène, fais un nid plus moelleux que la mousse A ma colombe, avec cette écharpe si douce. — Vous disiez, Cassius .. ?
CASSIUS
Que je serais jaloux D'emporter avec moi çjuelque chose de vous.