‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 82 sur 211 · PROLOGUE. i · texte numérisé non relu

PROLOGUE. i

CYTHÉRIS.

Lesquelles, dites-moi?

CASSIUS

Mes gens gardent la rue.

CYTHÉRIS.

Et feront-ils encor longtemps le pied de grue?

CASSIUS

Jusqu'au jour, s'il le faut.

CYTHÉRIS.

Alors cette maison Est bloquée?

CASSIUS

Est bloquée.

CYTHÉRIS.

Ah! je suis en prison?

Hélène, donne-moi ma cithare inactive.

Elle s'assied.

Vous allez chanter?

CYTHÉRIS.

Oui, puisque je suis captive !

La sœur de Polynice, esclave chez Créon, Chantait; je vais chanter des vers d'Anacréon.

Vous permettez?

Hélène lui donne sa cithare,

i38 LE TESTAMENT DE CÉSAR.

CASSIUS

Je suis ravi!

A Hélène.

Quelle heure?

CYTHERIS.

C'est à merveille!

HÉLÈNE

Nous entrons dans la deuxième veille.

CYTHÉRlS, chantant.

Entends ma lyre qui pleure, O colombe! voici l'heure...

Reviens,, que ton vol m'effleure :

Mais crains l'ongle du vautour!

Si, dans l'ombre, à quelque frise Ton aile blanche se brise, Prends les ailes de la brise.

Prends les ailes de l'amour!

Suis ma lampe de porphyre.

Sa lueur doit te suffire :

Viens, colombe, viens, Zéphyre!

Annonce-moi le vainqueur.

Que dans la nuit solennelle J'entende, gloire éternelle !

Aux battements de ton aile Les battements de son cœur!

CASSIUS

Ces vers sont merveilleux, et vous chantez fort bien, Mais que nous disent-ils?

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