‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 85 sur 211 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Le dieu du Capitole a donc quitté son temple,

Et le triomphateur est mon hôte ce soir !...

Dans cette humble maison daignera-t-il s'asseoir?

César s'assied ; elle se met à ses genoux,

Que faites-vous donc là ? faut-il que je vous gronde?

CYTHÉRIS.

Je suis à vos genoux, César, comme le monde! CÉSAR, rejetant son manteau.

Vous avez désiré voir le triomphateur, Dont le plus grand triomphe est à vos pieds.

CYTHÉRIS.

Flatteur! — Mais quelle majesté souveraine, ineffable!... Hélas! de Sémélé vous connaissez la fable : Elle aussi voulut voir Jupiter.. . Quel trépas!

CÉSAR

Rassurez-vous, ma foudre à moi ne brûle pas.

CYTHÉRIS, contemplant César.

Oui, voilà bien la toge éblouissante et peinte ; Dans la pourpre de Tyr la robe deux fois teinte, Ta robe, ô Jupiter ! et voilà bien encor La tunique brodée avec ses palmes d'or! Voilà bien le laurier sauvage, la couronne Seule digne du front sacré qu'elle environne! Mais ceci, qu'est-ce donc ?

CÉSAR

Un talisman bien vieux, La bulle d'or, qui sert contre les envieux ! Elle a déjà suffi, rayonnant sous ma stole, Contre ceux qui m'ont vu monter au Capitole ; Mais de votre maison s'ils me voyaient sortir, La bulle pourrait-elle encor me garantir?

Vénus est votre mère, et, mieux que cette bulle, Le regard de Vénus garde le fils d'Iule! — Mais un anneau de fer, à vous, César ?

CÉSAR

Il doit Remplacer désormais l'anneau d'or à mon doigt. Depuis cent ans, parmi nos guerriers, entre mille. Trois hommes seulement l'ont porté : Paul-Émile, Pompée et moi.

CYTHÉRIS.

Vraiment ?

CÉSAR

C'est l'anneau du soldat.

Il fallait bien que Rome enfin me l'accordât.

CYTHÉRIS.

Des bracelets de cuivre ?

CÉSAR

Oui ; c'est la récompense

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