‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 9 sur 211 · SACRIFICATEURS, PEUPLE · texte numérisé non relu

SACRIFICATEURS, PEUPLE

ŒDIPE, descendant les marches de son palais.

Enfants, du vieux Cadmus jeune postérité, Pourquoi vers ce palais vos cris ont-ils monté, Et pourquoi ces rameaux suppliants, ces guirlandes ? Toute la ville est pleine et d'encens et d'offrandes,

Pleine de chants plaintifs, de sanglots et de pleurs ! — Ne voulant point d'un autre apprendre vos malheurs, Je suis venu moi-même, enfants, moi votre père, Œdipe, dont la gloire emplit toute la terre !

Au prêtre de Jupiter.

Parle donc, ô vieillard. Il te convient, à toi.

De répondre en leur nom. — Que voulez-vous de moi ?

Qui vous rassemble ici? La crainte ou l'espérance? —

Si vous souffrez, je veux calmer votre souffrance,

Car je serais cruel, en de pareils moments.

Si je ne me sentais ému de vos tourments !

LE PRETRE DE JUPITER

Œdipe, ô souverain de ma chère patrie,

Tu vois à tes autels cette foule qui prie :

Des enfants, jeune essaim au vol encor tremblant ;

Des pontifes courbés de vieillesse, au front blanc,

Et moi, prêtre du dieu qui lance le tonnerre ;

Plus loin, nos jeunes gens, cette élite guerrière !

Le reste des Thébains, de guirlandes orné.

Dans l'immense Agora comme nous prosterné.

Aux autels de Pallas, sous le double portique,

Foule de l'Isménus la cendre prophétique. —

Thèbes, comme tu vois, sous le flot grandissant

Courbe la tête, et roule en des vagues de sang!

Partout frappe la mort! Tout périt dans son germe !

Moissons, troupeaux, l'enfant dans le sein qui l'enferme !

Une torche à la main, sombre divinité,

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