‹ ThéâtreChapitre 102 sur 201 · ACTE I. i5i · texte numérisé non relu

ACTE I. i5i

Puisque tu viens, infâme entre tous les infâmes, Mettre ici ton orgueil, ton orgueil révolté Entre notre sentence et notre autorité, — Outrage que jamais le sceptre ne tolère!... Apprends à nous connaître, et reçois ton salaire! Nous t'accordons cinq jours pour faire tes apprêts Et te mettre à couvert de l'indigence; — après. Oui, le sixième jour, fuis, tout chargé de haines. Fuis, sans tourner les yeux, bien loin de nos domaines ! — , Si le dixième enfin, — c'est le terme prescrit, — Retrouve en nos États ton corps vil et proscrit, Ce jour verra ta mort! — Va! je suis implacable!... J'ai prononcé l'arrêt, — il est irrévocable! — Va-t'en! Pars!

KENT

Adieu, Roi! — Puisqu'il en est ainsi, I C'est ailleurs qu'on est libre, et l'exil est ici.

A Cordélia.,

ILes dieux veillent sur toi, pauvre ange au doux visage, Toi dont l'esprit est juste et la parole sage! A Gonerille et à Rcgane.

ILe temps marche : espérons qu'il verra dans son cours Vos actions répondre à de si beaux discours !

Au Roi.

J'obéis, Sire... Adieu! Le ciel vous favorise! — •

Kent va sous d'autres cieux porter sa tête grise.

Il sort. GONERILLE, à part

Tout va bien.

i52 LE ROI LEAR.

LEAR, debout.

Soient brisés comme lui... ses pareils!

Je veux l'obéissance et non pas des conseils.

Apercevant Gloster qui rentre.

Ah ! Gloster !

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