ACTE II. iGi
Oswald ou moi, — tantôt.
Le courrier s'incline et sort.
A Oswald.
Puisque ces turbulents, Chevaliers, écuyers, deviennent insolents, Soyez durs, froids, hautains; négligez-les. — Notre hôte Se fâchera, — tant mieux! - Je prends sur moi la faute.
OSWALD
J'ai compris.
GONERILLE.
Ne réponds qu'à peine, — d'un ton bref; Oui et non. — Je voudrais qu'il en fît un grief; Qu'il dît : « Je vais partir. » — Si telle est son envie, Qu'il aille chez ma sœur. On l'attend. — Sur ma vie! Plus de faiblesse, — un peu de rigueur... Ces vieux fous Redeviennent enfants!... Ils abusent de nous.
OSWALD
C'est vrai.
GONERILLE.
Qu'il reste, lui. — Sa troupe, je la chass'î. ■— Une moitié, d'abord.
On entend à quelque distance dans les bois le son des cors. OSWALD.
Il revient de la chasse.
C'est lui. Je rentre.
GONERILLE.
OSWALD
Mais s'il demande à vous voir?
i62 \Ai ROI LEAR.
GONERILLE.
Dis que je suis souffrante, et ne puis recevoir. —
Va, j'ai mon plan, Oswald.
Elle rentre dans ses appartements.
OSWALD, à part.
Fort bien. Chacun le nôtre.-
Réfléchissant
Gonerille, ou Rcgane? —On verra.— L'une ou l'autre.—
Se frottant les mains
Cornouailles supplante Albany, tôt ou tard...
Je suis pour Cornouaille.
Il sort lentement, absorbé dans ses réflexions. Pendant ce temps-là, un homme enveloppé d'un manteau de voyage, avec une longue barbe et de longs cheveux grisonnants, est entré par le fond. Il suit les mouvements d'Oswald, et .paraît attendre qu'il soit sorti pour avancer. Cet homme est Kent, sous un déguisement qui le rend méconnaissable.
KENT
Evitons son regard.