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LE COURRIER

Un message.

i6o LE ROI LEAR.

GONERILLE.

Elle?— Vite!...

Elle prend vivement la lettre, la décacheté et lit : (( Oublions nos débats; sœur, je te tends la main. (( Ni brouille, ni rancune entre nous, — Que t'en semble?

u II faut agir ensemble, (( Agir vite; mieux vaut aujourd'hui que demain. — (( Notre père déjà regrette sa puissance : (( Plus de cour qui l'encense, « Plus d'esclaves, courbant le front et les genoux; (( Mais il a des amis encor, — défions-nous! {( On conspire tout bas. Kent, j'en ai l'assurance, « Travaille contre nous auprès du roi de France; « Cordélia nous hait; Gloster est mécontent : (( Soyons prêtes, ma sœur, — un péril nous attend. — {( L'irritable vieillard a conservé sa garde, ({ Cent chevaliers. C'est trop! — Si notre père garde {( La moindre autorité, sœur, point d'illusion, (( Notre pouvoir n'est plus qu'une dérision! — r (( Comme, dorénavant, plus d'une confidence

{( Va d'heure en heure entre nous s'échanger, (( Trop longue était la route, et j'ai dû l'abréger.

« Sœur, je t'écris de notre résidence, (( Voisine du château de Gloster. — Réponds-moi : (( Deux heures maintenant me séparent de toi. »

Bas à Oswald.

Je puis agir. Enfin! Régane se prononce.

Au courrier.

Dis que j'apporterai moi-même la réponse, —

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