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ACTE III

LEAR

Régane, je le crois. — Autrement, ton vieux père Divorcerait avec la tombe de ta mère; Car tu ne serais pas ma tille !

Regardant autour de lui.

Mais pourquoi Ces hommes ? Que font-ils?

Reconnaissant Kent.

Mon messager! —

A Kent.

C'est toi?...

KENT, entouré de gardes.

Oui, Sire.

LEAR

Tu n'as donc pas remis mon message?...

Ue n'ai pu : leurs valets m'ont barré le passage.

LEAR

Est-ce qu'on t'a frappé?

KENT

Non.

^ iVIontrant les gardes.

J'allais en prison.

! LEAR, dont la colère éclate.

C'est un assassinat! Pis qu'une trahison!... Quelle injure!...

Regardant Cornouailles et Régane.

Qui donc a pu?...

Se contenant.

Nous en reparlerons... Patience!

Mais, tout à l'heure,

A Kent.

Demeure.

CORNOUAILLES, aux gardes.

Il est libre!

Les trois serviteurs s'éloignent de Kent.

LEAR, à Régane.

Régane! ô toi, mon seul amour!

Ta sœur est bien méchante!...

Une main sur son cœur.

Elle a mis un vautour Là!... Son ingratitude !... Oh! tune saurais croire... A peine, si je puis parler!... Cette âme noire!... Ma Régane!...

RÉGANE.

Pourquoi l'accuser de noirceur? — Voyons; n'étes-vous pas injuste envers ma sœur?

LEAR

Qu'est-ce à dire ?

RÉGANE.

J'ai peine à croire, sur mon âme, Qu'elle ait pu mériter à ce point votre blâme. — Si notre sœur a mis le frein de la raison Aux excès de vos gens, qui troublaient sa maison, C'est prudence, vraiment! et non pas un outrage.

LEAR

Ma malédiction sur elle!

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