‹ ThéâtreChapitre 134 sur 201 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Vous recevoir?... La chose est par trop insensée ! — S'il vous plaît de venir à l'époque lixée^ Venez, — sans tout ce monde.

Et c'est toi...?

GONERILLE.

Si nombreux, Ces gens, qui ne font rien, deviennent dangereux. Des querelles, toujours, — de folles équipées! L'esclandre! Un cliquetis d'injures et d'épées! — Je n'en veux plus.

RÉGANE.

Ni moi. — Donc, seul, je vous attends.

LEAR

Je vous ai tout donné!

RÉGANE

Seigneur, il était temps.

LEAR

Et le vieillard s'est mis sous votre sauvegarde!...

GONERILLE.

Le vieillard a bien fait.

RÉGANE.

A quoi bon cette garde, Ces fanfarons armés, toujours la dague au poing? Nos gens, pour vous servir, ne suffisent-ils point? — Quand toute notre suite est là qui vous protège, Quelle nécessité d'avoir un tel cortège?

in, ij.

LEAR, après un instant de silence.

C'est moi que vous chassez!... Oh! je doutais encor.. Ma garde?... Vain prétexte!... Et vous êtes d'accord!

GONERILLE et REGANE.

Nous?....

LEAR, continuant.

Vous êtes d'accord, filles dénaturées! — Mon œil plonge en vos cœurs, — je vous ai pénétrées! — C'est un complot, vous dis-je ! . . un complot lâche et vil !

D'une voix déchirante.

Cordélia, ma pauvre enfant!... toi, dans l'exil! — Tu ne méritais pas ce traitement sévère!... Je fus cruel!... Comment ta faute si légère, Hélas! a-t-elle pu, de ce cœur paternel, Arracher tout l'amour, pour en faire du fiel?...

Se frappant le front avec désespoir.

O Lear! brise du poing cette porte infidèle, Qui, mal close, a laissé la raison fuir loin d'elle, Et la folie entrer!...

Il s'élance vers la porte. Gloster suppliant le retient. Avec un sanglot mal étouffé :

Gloster!...

KENT, à part, se contenant à peine.

Et ne pouvoir Encor!... Mais brise -toi, mon cœur!... C'est ton devoir.

GONERILLE, impassible, au Roi qui se rapproche d'elle. Non; de tous ces gens-là, seigneur, en conscience,

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