‹ ThéâtreChapitre 167 sur 201 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CORDÉLIA, KENT, LEAR, endormi, le MÉDECIN, puis LE CHEVALIER.

Ciel! mon père!; C'est lui! Que dans mes bras je le presse!...

le médecin, l'arrC-tant du geste.

Moins haut !...

Contenez-vous, madame!... Il le faut! il le faut!... Que de précautions encor!...

CORDÉLIA

Mon cœur s élance m. 2K

Vers lui!... Je le retiens!... Voyez 1... oh KENT, suppliant.

Du silence!

Un trop brusque réveil le tûrait!...

CORDÉLIA, contemplant son père endormi.

O douleurs!

Si défait! si changé! — Coulez sans bruit, mes pleurs! Elle s'agenouille.

KENT, la considérant.

Hélas!...

CORDÉLIA, se relevant et s'approchant du médecin. Le bon vieillard est sous votre tutelle! Dites-moi, la science humaine que peut-elle Pour faire évanouir cette ombre, noir linceul Qui voile sa raison? — Je compte sur vous seul, — Après les dieux! — A vous tout ce que je possède!... Oh! oui!... tous mes trésors d'ici-bas, je les cède De bon cœur à celui qui pourra le guérir!

Le seul remède auquel nous devons recourir.

Le plus sûr, le meilleur, — c'est le repos, madame!...

Ce baume souverain et du corps et de l'âme!

CORDÉLIA

Mon cher et digne Kent, si fidèle!... comment Récompenser jamais un pareil dévoûment?

Ma vie, elle sera trop courte, — et ma puissance Est peu de chose auprès de ma reconnaissance!

Page 1