QUI COMPOSENT CE RECUEIL
Oui, mon ami, je te l'ai dit vingt fois, et je te le répète, voici mon sentiment : tout recueil de pièces de théâtre, dans une édition bien faite et définitive, devrait, ce me semble, être accompagné des jugements littéraires qtii ont suivi les premières représentations. Les comptes rendus des journaux du temps font en quelque sorte partie de l'œuvre dramatique elle-même.
J'envoie donc à ton imprimeur tout ce que f ai pu réunir de feuille, tons, plus ou moins favorables, concernant [tes pièces. Quand je dis feuilletons (rassure-toi), je veux dire quelques extraits de feuilletons ; car, pour les reproduire in extenso^ // te faudrait quatre ou cinq volumes. Mes recherches n'ont pas été faciles, je te l'avoue : un certain nombre de ces journaux, dont quelques-uns datent de vingt ans et plus, sont presque introuvables même dans les bibliothèques publiques, et c'est grand dommage! Dans cet amas poudreux de feuilletons hebdomadaires, écrite au courant de la plume, combien de fines et savantes critiques, combien de pages éclatantes de verve et de style!
C'était un beau temps littéraire, celui oii rayonnaient ensemble, dans l'aréopage dramatique du lundi, tous ces noms fameux dont plusieurs, hélas! disparus des journaux qu'ils illustraient, ne vivent plus que dans la mémoire des hommes !
Par bonheur, il en reste encore de ces bons, de ces rares, de ces honnêtes critiques que nous pourrions nommer.
Je t'ai promis, cher frère, non-seulement de choisir, viais de mettre en ordre et de revoir sur les épreuves toits ces fragments d'articles. Ne t'en occupe donc pas le moins du monde. C'est tine affaire toute personnelle, c'est ma part, bien distincte, dans ce recueil.
TdiUL LdCTlOIX.
(Bihliopliile Jacob.)
Ce /«'■ octobre iS'j4.