‹ ThéâtreChapitre 30 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MACBETH, seul.

Si, quand la chose est faite, au moins c'était finil Vite, il faudrait agir' ,.. Si du meurtre impuni Un seul coup de poignard pouvait trancher la suite, Ne laissant après soi rien que la réussite ; Seulement, ici-bas, s'il pouvait tout finir, Eh bien! j'aborderais au hasard l'avenir!... Mais non, dès cette vie, — et c'est Dieu qui l'ordonne, La sanglante leçon perd celui qui la donne; A nos lèvres ëilfin, la Justice en courroux Va porter le calice empoisonné par nous !

Musique et toasts dans la salle du festin. Avec attendrissement,

tl est ici deux fois sous notre sauvegarde!...

Lui mon parent, mon roi! le tuer?... Dieu m'en garde I

Je suis de plus son hôte, — et devrais, pour ce nom,

Contre son assassin fermer ma porte, — et non

Le poignarder moi-même!... Il est si doux, si juste!

Ce roi si dignement remplit sa tâche auguste,

Qiie ses nobles vertus, contre son meurtrier,

Comme un ange à la voix d'airain, viendront crier

Vengeance!... et la Pitié, poussant des cris d'alarmes^

Va pleurer sur Duncan, pleurer toutes ses larmes!

36 MACBETH

Une main sur sa poitrine.

Je sens là mon projet, sombre et fatal coursier, Qui bondit, furieux, sous l'éperon d'acier Dont mon ambition le presse et l'aiguillonne ; Et ce groupe hideux en mon sein tourbillonne 1

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