‹ ThéâtreChapitre 46 sur 201 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MACBETH, seul.

Être où nous sommes, Sans la sécurité, n'est rien absolument. Mes craintes dans Banquo plongent profondément!

I ACTE III. 5(j

Sa royale nature, elle me terrifie!...

Car il ose beaucoup, et, prudent, il confie Sa fougue à la raison qu'il fait marcher devant : 'Au monde je ne crains que lui seul de vivant!... Devant lui mon génie est tremblant et vulgaire, i Comme devant César, Marc- Antoine 1 — Naguère, 'Les Sœurs me nommaient roi, quand son brusque dédain iLes somma hautement de lui parler!... Soudain : , (( Banquo, salut! » a dit leur bouche de prophète ; :,« Tes enfants seront rois I... » — Je n'ai donc sur ma tête f,[Qu'une aride couronne, un vain sceptre à la main, rjEt qu'un bras étranger m'arracherait demain?... A.h ! s'il en est ainsi, ma race est dépouillée ! Mon âme, pour les tiens, Banquo, s'est donc souillée!... Pour eux j'ai poignardé ce vertueux Duncan, it j'ai mis dans la paix de mon cœur un volcan! vion trésor éternel, comme une chose immonde, e l'ai jeté moi-même à l'Ennemi du monde!... ^our qui? Pour tes enfants! — Tes enfants rois! — 0 sort ^lutôt, viens dans l'arène, et combattons à mort!

Page 1