ACTE V. io
Mais ce royal bambin, ce Malcolm, frêle atome, Est-ce qu'il n'est pas né d'une femme? — Un fantôme, Ils savent tout,... m'a dit : u Ne crains rien désormais. Macbeth! nul homme, né d'une femme, jamais
N'aura pouvoir sur toi!... »
Aux seigneurs.
Vous, thanes hypocrites.
Fuyez pour vous confondre aux Anglais sybarites! Ce cœur fier que je porte, et mon ame de roi Jamais n'auront plo.yé sous le vent de l'effroi!
Entre un messager tout effare.
L'enfer te grille vif! oiseau de triste augure! Mais où diantre as-tu pris cette pâle figure ?
LE MESSAGER
Sire, dix mille Anglais...
MACBETH
Fuis, courrier de malheur! Écorche-toi la face, et rougis ta pâleur! — Que disais-tu?
LE MESSAGER
Dix mille Anglais...
MACBETH
Si tu me joues!...
Vraiment! Ce corps qui tremble et ces livides joues Conseilleraient la peur!
LE MESSAGER
Ils viennent!
^ MACBETH, avec un geste irrité.
Loin de rfioi !
Le messager s'enfuit.
104 MACBETH
Appelant.
Seyton î
Seyton s'approche.
Macbeth se parlant à lui-môme.
Je sens mon cœur faillir, lorsque je voi... Ce coup me fixe au trône ou me jette à la tombe!... J'ai bien assez vécu ! Ma vie, hélas! qui tombe, — Comme une feuille aride, a jauni pour toujours!... Et tout ce qui devait escorter mes vieux jours, Honneur, obéissance, amitié qui protège, Je n'y dois plus compter!... Je n'aurai pour cortège Que malédictions qui grondent sourdement.
Il s'assied.
Et les hommages creux d'une bouche qui ment! —
Seyton !
SEYTON, s'approcliant.
Qu'ordonnez-vous ?
MACBETH
Dis-moi, quelle nouvelle?
SEYTON
A chaque instant, seigneur, un complot se révèle. Tout fuit!... L'armée anglaise approche.
MACBETH, se levant,
Enfer! enfer I
Eh bien! je combattrai jusqu'à ce que ma chair
Abandonne mes os!... Donne-moi mon armure!
SEYTON
Il n'est pas temps encore.
MACBETH
Obéis sans murmure.