‹ ThéâtreChapitre 81 sur 201 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Que j'endure, Si cela n'est pas vrai, la peine la plus dure... A trois milles d'ici, seigneur... un bois mouvant!

MACBETH

Je te fais à quelque arbre accrocher tout vivant.

Et t'y laisse ronger par la famine blême

Si ton rapport est faux ! Sinon, fais m'en de même. —

Je commence à le voir, — mais j'ai pris mon parti. —

O démon! ton langage équivoque a menti!

Oui, la vérité ment, qui de ta bouche émane.

« Ne crains rien, disais-tu, tant que vers Dunsinane

« La forêt de Birnam ne vient pas. » Et vers nous

Voilà qu'un bois s'avance! — Aux armes! Dehors tous!

S'il a réellement vu ce qu'il me rapporte,

Je ne peux ni m'enfuir, ni rester!... Mais qu'importe!

Je suis las du soleil, et je serais content

Si le monde pouvait s'écrouler à l'instant!

Le tocsin!

La cloche d'alarme sonne.

Vents, soufflez! Viens, naufrage des pôles !.;.-

Nous mourrons, — ^ le harnois, du moins, sur les épaules.

Il sort, l'épée à la main, avec toute sa suite. Bruit d'armes et tocsin.

I.a scène change à vue. — ^ Au fond, la forêt de Birnam, qui se découpe sur le ciel dans l'éloignement — A gauche, la citadelle de Dunsinane et ses remparts crénelés, où flotte encore le drapeau de Macbeth. — A droite, un retranchement naturel de hauts rochers perpendiculaires, à travers lesquels serpente un large défilé qui descend jusqu'à la forteresse. — Cliquetis d'armes. — Sons de trompettes et de tambours. — Des fuyards traversent le théâtre en jetant leurs armes.

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