‹ ThéâtreChapitre 82 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MACDUFF entre, répce à la main.

C'est d'ici que partaient le bruit et les clameurs.

Tyran, montre ta face!... Oh! viens donc! Si tu meurs , Sous le glaive d'un autre, ô scélérat infâme! '; Les ombres de mes fils et de ma pauvre femme

M'obséderont toujours!... Ces Kernes effrayés, i Misérables porteurs de lance, aux bras payés. Il Que faire de leur sang? Toi seul!... ou mon cpée

Se replonge au fourreau, luisante, inoccupée!

Il parcourt le fond du théâtre, l'épée à la main, cherchant partout Macbeth.

MACBETH entre par la gauche sans voir Macduff. Tout fuit! — Seul!... Quoi ! mourir sur mon glaive, en Romain, } Tant qu'une vie à prendre est là dans mon chemin? .. Au moment où Macbeth s'élance du côté de la plaine, Macduff l'aperçoit.

MACDUFF, courant à lui.

Tourne-toi, misérable ! oh ! tourne-toi !

MACBETH

Fuis vite!

Je ne te cherchais pas!... c'est toi seul que j'évite. Déjà trop sur mon cœur pèse le sang des tiens 1

MACDUFF

Point de mots! — Ma réponse est le fer que je tiens, O monstre plus sanglant que la parole humaine Ne pourrait l'exprimer !

MACBETH

Va, c'est perdre ta peine;

110 » MACBETH

Ton glaive blesserait l'air fluide en passant, Avant de parvenir à me tirer du sang.

Laisse tomber tes coups sur un front vulnérable. Je porte un charme; il rend ma vie impénétrable Au fer que l'homme né d'une femme brandit!

MACDUFF

Compte peu sur ton charme, — et que l'ange maudit, Que tu servis toujours, dissipe ta chimère!... Car je fus arraché du ventre de ma mère, — Je suis né d'un cadavre 1

MACBETH

Anathème ! celui .

Dont la bouche a parlé de la sorte !... C'est lui Qui m'ôte le meilleur de mon courage d'homme!... Et ces démons jongleurs, qu'ils soient maudits ! Oh ! comm Ils nous bercent toujours d'un espoir charlatan, Et tiennent leur promesse équivoque en mentant! -^ Je ne combattrai pas.

MACDUFF

Rends-toi donc, âme vile!

Vis pour être montré partout de ville en ville, Comme une bête fauve!... On va, sur un poteau. Clouer ton effigie avec cet écriteau :

« Venez voir le tyran. »

MACBETH

Me rendre comme un lâche.

Moi ! pour lécher les pieds de Malcolm ! . . . pour qu'on lâché Toute une populace aboyante après moi?...

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