‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 114 sur 210 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE COMTE, SYLVAIN, puis LA COMTESSE.

LE COMTE , entrant par le fond, s'adressent à Sylvain qui traverse la scène.

C'est toi, Sylvain! Tout est-il prêt pour recevoir nos métayers ?

SYLVAIN

Voyez vous-même, monsieur le comte; les pichets sont

2 JEAN DE THOMMERAY.

pleins jusqu'au bord, et, (Montrant le tonneau.) quand ils seront vides, voilà de quoi les remplir de nauveau.

LE COMTE

Bien avisé! Les gars n'ont pas encore paru?

SYLVAIN

Pas encore, monsieur le comte, mais ils ne peuvent tarder.

LE COMTE

Braves gens!... Ils ont assisté au départ, ils boiront avec nous le vin du retour... (Sylvain sort.J La belle matinée! le gai soleil d'automne! Il y a longtemps que la vie ne m'avait

Semblé Si légère. (La comtesse descend le perron; il va la recevoir et lui baise la main avec une tendresse respectueuse.) Eli bien I il est Venu Ce

jour qui devait n'arriver jamais... Chère femme, êtes-vous heureuse?

LA COMTESSE

Vous le demandez, mon ami! Vous demandez si je suis heureuse, quand je vais revoir mes deux fils, quand mes deux derniers nés me sont enfin rendus, après une si longue absence!

LE COMTE

Cinq ans!... Oui, en effet, c'est une longue absence, mais qui aura été féconde; ne la regrettons pas. Nous avons vu partir des enfants, nous allons retrouver des hommes. Comme ieur frère aîné, ils ont appris à la grande école le respect de la règle et la pratique du devoir; comme lui, ils ont payé leur dette au pays. Le pays nous les rend, l'épreuve est terminée, et nos trois fils nous appartiennent.

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