‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 146 sur 210 · HORTENSE, JEAN · texte numérisé non relu

HORTENSE, JEAN

JEAN

Vous m'avez porté bonheur, chère Hortense! C'est pour vous que je jouais.

HORTENSE

Pour moi?

JEAN

Me ferez-vous la grâce de m'accepter comme créancier?

HORTENSE, à part.

Il a fait cela! (Haut.) Mon bon Thomé, oh! que c'est gentil, que c'est amoureux! Que je suis contente et que j'ai raison de vous aimer! — Mais, vous n'espérez pas que j'accepte? Vous êtes le dernier à qui je voulusse emprunter. Je n'ai plus besoin de personne d'ailleurs; je viens de faire ma confession à monsieur de Montlouis, et c'est lui qui me tire d'embarras. — Eh bien! pourquoi cet air penaud?

J'étais si heureux que vous fussiez sauvée par moi ! — Quo vais-je faire de cet argent maintenant?

HORTENSE

Vous allez le serrer dans votre tiroir.

JEAN DE TIIOMMERAV.

Non, il me fait peur! Je me suis senti joueur dans l'âme pendant cette partie endiablée. Si je garde cet argent, je suis perdu.

HORTENSE

Alors fondez un prix de vertu, et encore, non! On vous le décernerait.

JEAN, s'asseyant sur le canapé à gauche.

Tout vous est matière à raillerie...

HORTENSE, derrière le canapé.

Grand enfant! ne voyez-vous pas qu'il y a un Dieu pour les amoureux, et que la Providence vous envoie l'outil de votre fortune? Ne le lui jetez pas à la tète! Vous voilà armé, lancezvous dans la mêlée et faites votre trouée.

JEAN

Oh! je ne veux plus toucher une carte.

HORTENSE

Vous ferez bien, mais qui vous parle de cela? Lancezrvous dans le monde des affaires, de la spéculation... Vous en connaissez maintenant les coryphées; vous avez de la chance au jeu, allez!

Est-ce vous qui parlez, Hortense?

HORTENSE

Oui, moi qui vous aime et qui neveux pas que vous me repro-

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