‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 179 sur 210 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

remords est une fatigue inutile comme l'inquiétude. Le sage est fataliste. Allons à la dérive et buvons au destin. (Après avoir bu.) Du moé't, ça? c'est de l'eau de Seltz.

ROBLOT

Vous êtes trop délicat.

JEAN

On ne saurait trop l'être, en pareille matière. A défaut due banquet de Platon, il me faut celui de Sardanapale! Les dieux s'en vont...

ROBLOT

C'est le moment de faire un dieu de son ventre.

JEAN

Vous l'avez dit !

ROBLOT

Oui, mais il y a les frais du culte, auxquels vous ne songez pas. Heureusement, j'y songe pour vous.

Ne vous mettez pas martel en tête. Je me fie à mon étoile.

ROBLOT

Elle commence à pâlir! Vous avez liquidé en perte le mois dernier.

JEAN

Bah! je me suis fait reporter: je me rattraperai à la liquidation de juillet. Je reste à la hausse. Je ne crois pas à la guerre, ou, si elle éclate, je crois à la victoire.

108 JEAN DE THOMMERAY.

ROBLOT

Les nouvelles de Berlin sont bonnes, tout s'arrange; mais vous avez reçu un premier avertissement; vous avez senti le Bol trembler sous vos pieds : n'éprouvez-vous pas le besoin de bâtir sur la terre ferme?

Vous y revenez?

ROBLOT

J'y reviens. Comment trouvez-vous la petite Jonquières?

JEAN

Ni bien ni mal... mais quel rapport?

ROBLOT

Ni bien ni mal? Cependant vous l'avez fait danser deux fois hier soir.

JEAN

Parbleu! la seconde fois, c'est vous qui l'aviez invitée et qui m'avez prié de vous remplacer, sous prétexte que vous vous étiez tourné le pied.

ROBLOT

Je m'en ressens encore. — Eh bien, mon cher, il n'en a pas fallu davantage pour faire jaser.

JEAN

Ce n'est pas possible!

ROBLOT

Vous savez, la ville de 1 ains, cest ia petite ville à la qua-

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