‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 35 sur 210 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

.MicriAun.

Armand?

PAUL

Il paraît qu'on a besoin d'elle au moulin.

MICHAUD, à part, descendant.

Ah! le gredin!... Mais il n'y a pas de danger.

PAUL

Quelle aimable fille vous avez là, père Michaud 1 La bonne oràco et la belle humeur !

MICHAUD, avec sentiment.

Et vous savez comment elle fait la tarte aux cerises?

PAUL

Dans la perfection. Mais parlons un peu de vous, mon voisin lin bien, avez-vous fait un bon voyage?

MICHAUD

Pas [trop mauvais, je vous remercie ; on est bien un neu cahote, par-ci par-là, dans les chemins... et môme {quelquefois dans les maisons... *

Comment, dans les maisons?

MICHAUD

Ne faites pas attention, je m'entends!... Ah çà 1 et vous, monbieur Paul, qu est-ce que vous êtes devenu pendantce temps-là?

PAUL

Ma foi, père Michaud, je ne veux pas faire blanc de mon épée ^7™"' "" franCh6ment' *» "* ™™ ^

MICHAUD

Bien vrai?

PAUL

Dame! vous comprenez? L'habitude d'entrer chez vous à

MICHAUD

rlmhL vdme\ C'CSt,vrai' habitude, ça creuse aussi son <iilon dan, la vie et peu a peu, sans qu'on s'en doute... On entre un jour chez le père Michaud, par hasard, comme il arriv! feutre

3s LA MAISON DE l'ENARVAN.

voisins; on y est bien reçu, on y retourne, par politesse. Puis, on est seul chez soi, on ne suii que faire.., « Allons chez le père Michaud, ça fera passer le temps! » El on y va, et le temps passe; ri il se trouve, un beau jour, que les jjimbes ont pris le chemin du moulin et qu'elles y vont toutes seules.

PAUL

C'est vous qui l'avez dit!

Mais pourquoi donc qu'on ne vous a pas vu en mon absence?

PAUL

Votre fille n'est plus une enfant, père Michaud, et j'ai cru plus convenable...

MICHAUD

Eh bien, entre nous, vous avez agi comme il faut; et, puisque c'est vous qui amenez la conversation là-dessus, je vous avouerai que vous ne faites que me prévenir.

PAUL. j

Comment ?

MICHAUD

Oui, c'est justement pour pouvoir causer à notre aise que je me suis invité à déjeuner chez vous.

PAUL

Et quoi donc de si mystérieux pouvez- vous avoir à me dire?

MICHAUD

Je m'étais promis, d'abord, de ne vous parler de la chose qu'au dessert; mais, vous savez, entre amis, on se laisse aller; et, comme je ne veux pas de surprise entre nous, je préfère vous parler à jeun.

PAUL

Eh bien, parlez.

MICHAUD

Asseyons-nous, (il s'assied à gauche de la table; Paul s'assied à droite, ils se font vis-à-vis.) Mon cher ami, vous ne pouvez pas douter du plaisir que nous avons à vous recevoir, ma fille et moi. (Paul s'incline.) Sans compliment, vous êtes devenu le charme de notre existence. (Paul s'incline encore.) Ce n'est pas votre faute, si vous êtes né ci-devant, vous étiez digne d'être meunier.

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