ACTE DEUXIÈME
PAUL
Monsieur Michaud, vous me comblez.
MICHAUD
Non, vrai, je vous dis ça sans (laiterie.
(PAUL
Du moment que vous me l'affirmez...
MICHAUD
Cependant, je dois vous l'avouer, vos assiduités auprès de mademoiselle Michaud commencent à la compromettre.
PAUL
Mes assiduités?
MICHAUD
Oui, on en jase dans le pays, et on s'étonne que vous ne vous soyez pas déjà déclaré.
Pardon, mais...
Laissez-moi dire.
Soit.
MICHAUD
Malgré la vive amitié que j'ai pour vous, monsieur Paul (il lui serre la main), la réputation d'Irma m'est encore plus chère que votre présence. Que voulez-vous 1 les Michaud n'ont pas les mœurs de l'ancienne cour. L'honneur et la vertu, voilà nos titres de noblesse! Il est donc temps de vous prononcer. Vous connaissez la maison, on n'y voit pas de lambris dorés; mais on y respire à pleins poumons l'air pur de la fraternité; et le vin n'y est pas mauvais. Ma fille est un trésor. Quant à l'éducation qu'elle a reçue, vous pourrez en juger... en consultant mon livre de dépenses. — Pour moi, ma vie est au grand jour, ainsi que ma fortune... sans compter ce qu'on ne connaît pas... On ne vous met pas le pistolet sur la gorge. S'il vous convient d'entrer dans ma fan.i'le... je suis sans préjugés; et, d'ailleurs, vous avez prouvé qu'il y a de braves gens partout. Si vous en décidez autrement, il faudra cesser de nous voir; mais nous n'en serons pas moins bons amis. (lise lève.) Sur ce, je vous laisse à vos réflexions... Le déjeuner dans une heure ; vous me rendrez réponse au dessert. (Il sort par le fond.)
PAUL
MICHAUD
PAUL
iO LA MAISON DE PENAHVAN.