‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 45 sur 210 · ACTE DEUXIÈME. oi · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. oi

PAUL

Mon fusil... des plâtres... vois, cherche.

GERMAIN

Ah! les bustes de MM. les philosophes?

PAUL

Oui, si tu veux; c'est inutile.

GERMAIN

Il'y a donc une justice! (Paul sort de sa chambre et finit de s'ajuster, il passe à droito : Germain vient à lui d'un air content.) Oh I C6 n est ni pour flatter ni pour offenser M. le vicomte ! mais voilà longtemps que M. le vicomte n'avait eu si bonne façon ; et si M, le vicomte m'en avait cru plus tôt...

PAUL

Toujours, donc? toujours? Tu ne te corrigeras donc jamais de me donner du vicomte par la figure?

Monsieur le vicomte, c'est plus fort que moi.

PAUL

Encore un coup, laisse là ton vicomte! Tu sais le cas que je fais de ces sornettes... Si tu tiens absolument à me donner un titre, que diable! donne-moi celui qui m'appartient, et appellemoi : « Monsieur le marquis. »

GERMAIN, agréablement surpris.

Marquis?... M. le vicomte serait marquis ?

PAUL

Oui, mon garçon! ma cousine est venue tout exprès à la Brigazière pour me conférer ce titre, dont j'hérite, et saluer en moi le chef de la maison, (il s'assied à droite.)

GERMAIN

Est-il possible?... Ah! monsieur le marquis, si vous saviez le plaisir...

TAUL, lui tirant l'oreille.

Te voilà content, vieil aristocrate! (il le fait tourner sur lui-même. — Silence.)

GERMAIN, aïoc douceur.

Monsieur lo marquis?...

PAUL, avec complaisance.

Mon ami ?

GERMAIN

J'ose espérer qu'à présent, nous allons nous retirer de la farine?

Ahl mais, au fait, tu ne sais pas? est-ce que le Michaud ne vient pas de m'offrir la main de sa fille!

GERMAIN, sérieusement.

C'est bien fait !

PAUL, riant.

Vois-tu ça d'ici? mademoiselle Michaud, marquise de Penarvan. Ah! ahl ah!

GERMAIN

Ah! ah! ah ! (ils rient à gorge déployée.) Et avec ça qu'elle est si jolie, mademoiselle Michaud!

PAUL, kc levant.

Allons, allons, monsieur Germain, elle a quelque chos?. . elle a du minois, (il passe à gauche.) Germain!

GERMAIN

Monsieur le marquis?

PAUL

As-tu vu entrer ma cousine ?

GERMAIN

Oh! une reine, monsieur le marquis, une reine 1

PAUL

Oui, Germain... Ah! il n'y a pas à dire, ce n'est encore que dans notre monde qu'on a la recette de ces visages-là. — Allons, Germain, va exécuter mes ordres... (Germain remonte au fond pour enlever les bustes) et veille à ce que ma belle cousine ne se trouve pas trop dépaysée dans mon petit château. Va!

GERMAIN, un buste sous chaque bras.

Son château! Allons, il est sauvé! il est sauvé! (il sort par la foud, k droite.)

Page 1