‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 46 sur 210 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

PAUL, puis GERMAIN, puis MIGHAUD.

PAUL

Chef de maison! Marquis!... Oui cela ne fait pas mal, cela veut dire quelque chose, et il est certain que cela oblige. GERMAIN, du seuil de la porte et d'un ton goguenard. Monsieur le marquis, c'est M. Michaud.

PAUL

Lui ?

GERMAIN

Je vais le jeter à la porte, n'est-ce pas?

PAUL

Non... Ah! M. Michaud se jouait de moi? Laisse-le entrer.

GERMAIN

J'entends!... Veuillez prendre la peine d'entrer, monsieur Michaud. (il le fait entrer et sort.)

MICHAUD, entrant avec éclat.

Ah!... Je meurs de faim, moi! (n pose son chapeau au fond, k gauche.)

PAUL, d'un ton lamentable.

Ah! c'est vous, monsieur Michaud?

MICHAUD, étonné de l'accueil.

Oui, c'est moi... Mais qu'est-ce que vous avez donc?

PAUL

Vous venez cherchez ma réponse?

MICHAUD

La réponse, au desserti Déjeunons d'abord.

PAUL

Non, monsieur Michaud... pas de surprise entre nous; je veux vous donner ma réponse à jeun.

MICHAUD

Mais...

PAUL

Oh! je vous connais ! vous avez le vin tondre; au dessert, vous seriez hommo à passer sur ce qui m'arrive.

MICHAUD

Qu'est-ce qui a donc pu vous arriver depuis tantôt ?

PAUL

Monsieur Michaud, après m'avoir accueilli comme votre égal, vous avez mis le comble à vos bontés en me proposant votre alliance.

MICHAUD

C'est bon ! c'est bon 1

PAUL

Oh ! si vous avez pu oublier mon origine, c'est à moi do m'en souvenir.

Mais, mon cher enfant,, nous avons passé l'épongo sur tout Cela, (Renée parait a la première porte de droite.) PAUL.

Oui, ce matin encore, je pouvais accepter votre clémence ; mais, depuis tantôt, ma position s'est tellement aggravée 1...

MICHAUD

Comment, votre position?

PAUL

Ah ! tenez, je n'aurai jamais le courage do vous réuilpr..,

MICHAUD

Mais allez donc, monsieur Paul! vous me connaissez, que diable! et VOUS savez bien... (L'abbé paraît à la deuxième porte de gauche.)

PAUL

Oui, vous êtes un patriote à part, vous ; et je vois que, même à jeun, votre dévouement ne reculerait devant rien. Mais, quoique né dans l'aristocratie, je ne suis pas étranger à tout sentiment de délicatesse: tombé trop bas pour pouvoir m'élever jusqu'à vous, je ne souffrirai pas, du moins, que vous descendiez jusqu'à moi.

MICHAUD

Mais où êles-vous donc tombé, malheureux?

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