ACTE IV, SCENE VIII. Ii
HÉLÈNE, regardant tour à tour Bernard et le Marquis Coniiîienl?...
BERNARD
Madoinoiselle...
LE MARQUIS
Chansons que tout cela!...
RAOUL
Ce n'est pas tout. J'apprends aussi les nouvelles dispositions faites pour éteindre un procès, perdu d'avance, pour replacer sur votre tète l'héritage de vos ancêtres.
LE MARQUIS
Eh ! morbleu! Monsieur...
RAOUL, poursuivant.
J'apprends qu'aujourd'hui même sous le coup d'une assignation...
LE MARQUIS, avsc emportement.
N'achevez pas.
BERNARD, de même.
Cela est faux, Monsieur, vous ignorez... RAOUL, avec calme.
Vous avez raison, Messieurs, les oreilles de celte noble créature ne sont pas faites à de telles révélations. Mademoiselle, vous êtes libre; il ne sied pas à la pauvreté de se mettre en balance avec la fortune. Sachez seulement qu'en vous rendant voire parole, je n'entends pas retirer la mienne. S'il ne convenait pas à mademoiselle de La Seiglière de se prêter à une transaction, que je m'abstiens de qualifier...
BERNARD
Monsieur de Vaubert 1
RAOUL
Ma maison s'ouvrirait avec joie pour vous recevoir, et béni serait le jour où vous auriez pris place à mon foyer. [Moment de silence. — Hélène regarde tour à tour, et lentement y Bernard et monsieur de Faubert ; elle s'approche du Marquis.)'
HÉLÈNE
Réoondez, mon père, est-ce vrai?
>. Bernard. Raoul, Hélène, le Marquis.
m MADEMOISELLE DE LA SEIGLIEUE.
i MARQUIS.
Quoi?
HÉLÈNE
Ce que monsieur de Vaubert vient de m'apprendra.
LE ilARQUIS.
Monsieur de Vaubsrt ne sait ce qu'il dit.
HÉLÈNE
Mon père, répondez, franchement, sans détours, et ne craignez pas de trouver votre fille au-dessous des devoirs que pourra lui iniposer le soin de votre honneur. Répondez enviai gentilhomme. Qui reçoit ici l'hospitalité?... Est-ce nous ?... Est-ce monsieur Bernard?
BERNARD , passout devant Raoul. * Mademoiselle...
HÉLÈNE, l'arrêtant du geste.
Répondez , mon père.
LE MARQUIS
Que veux-lu que je te dise? On a profité de mon aosence pour faire un code de lois auxquelles il est impossible de rien comprendre. Suis je chez Bernard ? Bernard est- il chez moi? Personne n'en peut rien savoir.
HÉLÈNE
C'est donc vrai!... Ainsi, mon père , ainsi, quand ce jeune homme s'est présenté armé de ses droits , nous ne lui avons pas restitué loyalement son héritage!... Au lieu de nous retirer tète haute... nous avons obtenu qu'il consentît à nous garder chez lui! De votre fille qui ne savait rien... [Se retournant vers Bernard avec fierté.) Qu'avez-vous dû penser de moi, Monsieur?
BERNARD
Ah! Mademoiselle, le ciel m'est témoin...
HÉLÈNE
Quand je vous ai tendu la main, vous croyant pauvre et déshérité...etplus tard... et tout à l'heure encore... {Jvec égarement,) Oh ! mon père, est-ce assez de honte?
LE MARQUÎw.
Ma fille, mon enfant, calme-toi , je ne voulais que ton b mheur.