ACTE IV, SCÈNE IX
embarrasse votre délicotesse, le domaine public s'en arrangera volontiers. Quant à moi , je sors d'ici pour n'y rentrer jamais ; mais je r.o partirai pas sans avoir soulagé m.on cœur, sans vous o.'wi: (lii . ::.;:'!j'me la baronne, que si vous l'emportez, c'est en faisant votre malheur à tous : celui de monsieur le marquis, séparé Dour jamais d'un compagnon qu'il aimait déjà comme son fils
LE MARQUIS
C'est vrai.
Destournelles.
Celui de vos enfants, que vous condamnez à des regrets éternels...
iti.ouL, regardant Hélène^ qui tressaille. Des regrets!...
DESTOURNELLEï.
Le vôtre, enfin; oui, Madame, le vôtre, car, sacliez-le bien, vous n'aurez pas impunément désuni deux cœurs qui s'aiment pour river l'un à l'autre deux cœurs qui ne s'aiment pas. Et maintenant que j'ai tout dit , partons, monsieur Bernard. HÉLÈNE, à part.
Grand Dieu!
RAOUL, Varrêlant du geste.
Que voulez- vous dire? Non pas, Monsieur, expliquez-vous.
DESTOURNELLES
Monsieur... c'^servez ces deux jeunes gens : leur silence vous apprendra peut-éfre ce que vous ne devinez pas.
RAOUL
Il serait possible!... (// se retourne vers Hélène^ et après un silence^ l'interrogeant du geste et du regard.) Hélène?... HÉLÈNE, les yeux baissés.
Monsieur de Vaubert, je ne reviens pas sur ma parole -, voici ma main.
RAOUL
Bien! {Jvec effort.) La vôtre, monsieur Bernard.
BERNARD
La mienne 1
RAOUL
La roiiiserez-vou3 à votre frère?
BERNARD
Mon irère i
122 MADEMOISELLE DE LA SEl
LA BARONNE , vivemeut. Raoul!...
RAOUL
Ma mère, il est temps que chacun reprenne ici sa place. Oui, mon frère, puisque je mets sa main dans la main de ma sœur.
TOUS
Ociel!...
HÉLÈNE
0 mon ami!...
BERNARD
Mon frère!...
LE MARQUIS
Ce sont deux paladins !
DESTOURNELLES
A la bonne heure donc... ma cause est gagnée.