‹ ThéâtreChapitre 16 sur 254 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

cœur, il ne boudera pas sa mère ; et si le second mari la rend heurc^o, il lui tendra bientôt la main.

POIRIER

L'abstention de la noblesse ne peut durer éternellement; elle commence elle-même à le reconhaître, et déjà plus d'un grand nom a donné l'exemple : monsieur de Valchevrière , monsieur de Chazerolles, monsieur de Mont-Louis.

GASTON

Ces messieurs ont fait ce qu'il leur a convenu de faire ; je ne les juge pas, mais il ne m'est pas permis de les imiter.

ANTOINETTE

Pourquoi donc , mon ami?

GASTON

Demandez à Montmeyran.

VERDELET

L'uniforme de monsieur le duc répond pour lui,

Permettez, monsieur : le soldat n'a qu'une opinion, le devoir,... qu'un adversaire, l'ennemi.

POIRIER

Cependant, monsieur, on pourrait vous répondre...

GASTON

Drisons là , monsieur Poirier; il n'est pas question ici de politique. Les opinions se discutent, les sentiments ne se discutent pas. Je suis lié par la reconnaissance : ma fidélité est celle d'un serviteur et d'un ami... Plus un mot là-dessus, (au duc.) Je te demande pardon, mon cher; c'est la première fois qu'on parle politique ici, je te promets que ce sera la ilcrnière.

LS DUC, bas à Autoinette.

On vous a fait faire une maladresse, madame.

ANTOINETTE

Ah î monsieur, je le sens trop tard !

GASTON

Sans rancune, monsieur Poirier; je me suis exprimé un peu vertement, mais j'ai l'épiderme délicat à cet endroit , et sans

Z% LE GENDRE DE M. pOIBIEK.

le vouloir, j'en suis certain, vous m'aviez égralijné. Je ne nous en veux pas, touchez là.

POIRIER

Vous êtes trop bon,

VERDELET, bas à Poirier.

Te voilà dans de beaux draps !

POIRIER , de même.

Le premier assaut a été repoussé, mais je ne lève pas le siège.

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