ACTE PREMIER
C'est bien simple, jeune homme; je suis cousin du comte Sii^ismond d'Hiidesheim.
FRAMZ.
Celui qui vient de mourir?
LE BARON
II m'avait souvent dit qu'il voulait à ses obsèques un Requiem de voire façon, et je tiens à accomplir cette fantaisie bizarre d'un mourant.
FRANTZ
3'est étrange! Je ne connaissais pas le comte Sigismond.
LE BARON
Il paraît qu'il avait entendu de votre musique quelque part. Toujours est-il qu'il faisait grand cas de votre talent.
FRANTZ
Alors, monsieur, pour la rareté du fait, et pour remercier mon seul admirateur, permettez-moi de vous offrir ce que vous veniez acheter.
LE BARON
Non pas, non pas! Il faut que chacun vive de son travail.
FRANTZ
Vous me ferez plaisir, monsieur.
LE BARON
Impossible, mon cher; comprenez donc! ce serait inconvenant, (frantz va chercher la musique sur le piaao.)
SPIEGEL, allant au baron.
Alors, monsieur le baron, c'est cinq cents florins.
Plaît-il?
SPIEGEL
Cinq cents florins.
LE BAr.ON.
A la bonne heure l
FRANTZ
Yûici la chose, (il présente au baron un rouleau de musique.) LE BARON.
Mais dites-moi donc, jeune homme, c'e^l (':;:)rmo, cela... II va là de quoi enterrer vingt personnes.
FRANTZ
Rassurez-vous, c'est l'orchestration qui fait tout ce volume.
LE BARON
Très-bien! (ii appelle.) Petermann? (Entre un domestique.) Prenez ce paquet. — Monsieur Frantz, je vous remercie. Voici les cinq cents florins demandés, il n'y a pas moins dans cette bourse; s'il
y a davantage, tant mieux pour vous! [ll tend une bourse à Frantz; Spiegel fait un mouvement pour la prendre; Frantz lui arrête le bras; la bourse tombe sur le parquet.)
FRANTZ, poussant la bourse du pied.
Petermann, le paquet est lourd, voici votre pourboire.