ACTE PREMIER
il priaFrédériquc de la recommencer, et, quand elle eut fini, il s'approcha de Frantz, et, lui imposant la main sur le front : « Monsieur Frantz, lui dit-il, vous êtes un maître. » Il s'y connaissait.
FRÉDÉRIQL'E.
Alors il s'assit entre nous et nous questionna sur notre existence avec une si paternelle bonté, que nous lui avons tout raconté, rt que le récit a duré jusqu'à onze heures du soir. « Je reviendrais dit-il en nous quittant, j'ai passé près de vous les plus douces heures de ma vie... Monsieur Spiegel, faites-moi la grâce de composer un tableau de cette scène. »
SPIEGEL
Il tira de son port- feuille un billet de cinq cents florins qu'il me remit pour à-compte, et il partit sans que nous songions à lui demander son nom. Nous ne l'avons pas revu.
DOROTHÉE
Cest tout?
LA MARGRAVE
Il est tombé malade vers la fin du printemps; malgré nos soins, il ne s'est plus relevé.
SPIEGEL
Pauvre brave homme 1
DOROTHÉE
Il avait de singulières idées d'entrer ainsi chez les gens... C'est éiral, le tableau est très-ressemblant. Ah! monsieur, quel délicieux passe-temps que la peinture !
SPIEGEL, d'un air gracieux.
Ahl mademoiselle... Et le battage en grange, donc!...
LA MARGRAVE
Votre récit m'a tellement intéressée, que j'ai oublié mes courses. Je vous remercie, madame, des douces heures qu'a passées près de vous le comte Sigismond. Vous voudrez bien accepter de moi une bagatelle... qui ne m'acquittera pas envers votre mari.
FRÉDÉRIQL'E.
Je vous rends grâces, madame, en mon nom, au nom de mon cousin.
LA MARGRAVE
Votro cousin?... Ahî... Venez, ma fille. François, prenez co rouleau. .Messieurs, ne vous dérangez pas. (Elle sort avec sa fille; la laquais les suit.)