‹ ThéâtreChapitre 199 sur 254 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE BARON

Mais où diable cette ganache de Sigismond avait-il connu ces espèces?

LA MARGRAVE

Je ne sais... dans leur atelier... Ce benêt de Frantz lui avait joué une symphonie de sa façon... Il n'en a pas fallu davantage.

LE BAROX.

Vertudieu! voilà une symphonie qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

LA MARGRAVE

Mais les choses n'en resteront pas là. Il yadesjugesà^Iunich!... Nous ferons casser le testament.

DOROTHÉE

Tiens! ça se casse donc, maman, les testaments?

LE BARON

Comme du verre, mon petit ange. Chère margrave, j'y avais pensé... Malheureusement, c'est impossible. ■

LA MARGRAVE

Pourquoi?

Parce que, n'étant, ni vous ni moi, parents du défunt au degré successible, nous n'avons pas le droit d'attaquer ses dernières dispositions.

LA MARGRAVE

En insinuant que la musique lui avait détraqué la cervelle?

LE BARON

Si vous m'en croyez, nous ne lèverons pas ce lièvre-là, il n'entrerait pas dans notre gibecière.

LA MARGRAVE

Que voulez- vous dire?

LE BARON

Que, le testament une fois cassé, le domaine public hériterait du tout, et qu'à ce jeu nous auiions perdu, vous et moi, six mille florins de rente.

LA MARGRAVE

Mais c'est affreux, celai...

LE BARON

Ce n'est pas gai.

DOROTHÉE

Mamau, est-ce qu'à présent je vais pouvoir épouser Conrud?

LA MARGRAVE; préoccupée.

Épouser Conrad!...

LE BARON, bas.

Chère margrave...

LA MARGRAVE, de même.

Quoi?

LE BARON, de même.

Éloignez votre fille.

LA MARGRAVE, de même. J

Pourquoi? «

LE BARON, de même.

Éloignez-la.

LA MARGRAVE

Allez, Dorothée, allez dire adieu à vos propriétés. (Elle passé à droite.)

DOROTHÉE, faisant un pas vers le fond.

Adieu? Je ne leur ai pas encore dit bonjour.

LE BARON

Vous ferez d'une pierre deux coups.

LA MARGRAVE

Allez, ma fille.

DOROTHÉE, à part.

On me renvoie toujours. (Elle sort par le fond.)

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