‹ ThéâtreChapitre 211 sur 254 · SCENE IV FRÉDÉRIQUE, FRANTZ · texte numérisé non relu

SCENE IV FRÉDÉRIQUE, FRANTZ

FRÉDÉRIQUE

Et moi, mon ami, suis-je assez élégante pour tes hôtes?..,

FRANTZ

Pourquoi cette question? et surtout pourquoi cet air triste?

FRÉDÉRIQUE

Je ne suis pas triste, mon cher Frantz.

FRANTZ

Si fait. Je le remarque depuis quelques jours. Tu ne dis rien, tu te tiens à l'écart.

FRÉDÉRIQUE

C'est que peut-être tu m'y laisses.

FRANTZ

Allons! voilà maintenant que c'est moi... Mais, ma chère, il faut pourtant bien que je fasse les honneurs de ma maison à mes hôtes.

FRÉDÉRIQUE

Ils ne devaient rester que vingt-quatre heures.

FRANTZ

Quoi de plus simple? je les ai priés de rester jusqu'à notre mariage.

A quoi bon?

FRANTZ

Ne comprends-tu pas que leur présence chez moi est d'un effet excellent dans le pays? Elle répond aux interprétations plus ou moins bienveillantes auxquelles a dû nécessairement donner lieu le testament du comte Sigismond. Et puis ils vont m'ouvrir les portes du seul monde où je puisse être désormais à ma place. Tu ne penses pas, j'espère, que, toi, Spiegel et moi, nous allions manger à nous trois quatre cent mille florins de revenu?

FRÉDÉRIÛUE.

Non, mon ami.

FRANTZ

Alors, pourquoi t'étonner que j'aie retenu le baron et la margrave?...

FRÉDÉRIQUE

Je ne m'en étonne pas ; mais je m'étonne qu'ils soient restes.

FRANTZ

A ton compte, ils devraient m'en vouloir?

FRÉDÉRIQUE

Il me semble qu'un peu de rancune de leur part...

FRANTZ

Mais, ma pauvre enfant, tu ne connais pas ce monde de la noblesse. L'argent n'est à ses yeux qu'une puissance subalterne..- J'aurais voulu que tu entendisses l'autre jour la margrave parler de tout cela... Et puis le baron, à tort ou à raison, s'est mis dans la tôle que je lui ai sauvé la vie... Je lui rappelle son fils... Voyons, mon enfant, qu'est-ce qui t'effarouche?... Pourquoi leur fais-tu froide mine ? pourquoi ne veux-tu jamais être de nos parties de plaisir?

FRÉDÉRIQUE

Que te dirai-je? je me sens gênée avec ces gens-là,... et puis je tiens compagnie à Spiegel.

FRANTZ

Que Spiegel vive dans son coin comme un ours, si c'est son

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