‹ ThéâtreChapitre 228 sur 254 · SCÈNE II FRANTZ, LA MARGRAVE · texte numérisé non relu

SCÈNE II FRANTZ, LA MARGRAVE

FRANTZ

Ah! madame la margrave...

LA MARGRAVE

Vous venez à propos, monsieur Wagner... J'admirais Tordonuance de votre lête.

FRANTZ

Une petite fête, toute simple, sans prétention.

LA MARGRAVE

C'est digne d'un prince. Et pourtant ce que j'admire ici, c'est moins encore la magnificence que le goût qui se révèle en tout.

FRANTZ

Madame la margrave, vous allez me donner de l'orgueil.

LA MARGRAVE, à part.

OÙ le logerait-il? (Haut.) Non, sans flatterie...

Eh bien, madame, je vous prends au mot : que peut-il en effet manquer à une fête que vous honorez à la fois de votre présence et de votre suffrage?

LA MARGRAVE

Prenez garde!... Il y manque encore quelque chose.

FRANTZ

Et quoi donc?

LA MARGRAVE

Faut-il vous le dire? Presque rien... un gentilhomme pour en faire les honneurs. Le comte Sigismond a laissé son œuvre inachevée ; pour un homme tel que vous, la richesse ne suffît pas, et tant que vous n'y aurez pas joint la noblesse, vous serez comme une colonne sans chapiteau.

FRANTZ, se croisant les bras.

Vous allez me proposer de me faire adopter par le baron?

LA MARGRAVE

Précisément. Et ce n'est pas d'aujourd'hui que, le baron et moi, nous caressons ce projet.

FRANTZ

Vous en convenez?

LA MARGRAVE

Pourquoi m'en défendrais-je?Il est né dans notre esprit en mémo temps que notre amitié pour vous. Depuis quinze jours, c'est là notre unique préoccupation ; si nous ne vous on avons pas parlé plus tût, c'est que vous n'étiez pas encore en état de comprendre vos véritables intérêts ; mais nous étions certains que le moment viendrait, et nous préparions toutes choses à votie insu. Celte

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