‹ ThéâtreChapitre 41 sur 254 · LE DUC, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE DUC, LE MARQUIS

Ih se regardent un instant. Le duc éclate de rire.) GASTON.

Tu trouves cela drôle, toi?

LE DUC

Ma foi, oui! Voilà donc ce beau-père modeste et nourrissant comme les arbres à fruit? ce George Dandin ? Tu as trouvé ton maître, mon fils ; mais, au nom du ciel, ne fais pas cette piteusi^ mme. Regarde-toi, tu as l'air d'un paladin qui partait pour ki croisade et que la pluie a fait rentrer 1 Ris donc un peu ; l'aventure n'est pas tragique.

GASTON

Tu as raison'... Parbleu ! Monsieur Poirier, mon beau-père^ vous me rendez là un service dont vous ne vous doutez pas.

LE DUC

Un service?

GASTON

Oui, mon cher, oui, j'allais tout simplement me couvrir de ridicule ; j'étais en chemin de devenir amoureux de ma femme... Heureusement monsieur Poirier m'arrête à la première station. .

LE DUC

Ta femme n'est pas responsable des sottises de monsieur Poirier. Elle est charmante.

GASTON

Laisse-moi donc tranquille ! Elle ressemble à son père.

LE DUC

Pas le moins du monde.

GASTON

Je te dis qu'elle a un air de famille. .. je ne pourrais plus l'embrasser sans penser à ce vieux crocodile. Et puis, je voulais bien rester au coin du feu... mais du moment qu'on y met la marmite... (u tire M montre.) BonSOir" !

LE DUC

Où vas-tu?

GASTON

Choz madame de Montjay : voilà deux heures qu'elle m'attend.

LE DUC

Non, Gaston, n'y va pas.

Ah ! on veut me rendre la vie dure , ici ; on veut me mettre en pénitence...

LE DUC

Écoute-moi donc!

GASTON

Tu n'as rien à me dire.

LE DUC

Et ton duel?

GASTON

Tiens! c'est vrai... je n'y pensais plus.

LE DUC

Tu te bats demain à deux heures, au bois de Vincenne».

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