LE DUC, LE MARQUIS
Ih se regardent un instant. Le duc éclate de rire.) GASTON.
Tu trouves cela drôle, toi?
LE DUC
Ma foi, oui! Voilà donc ce beau-père modeste et nourrissant comme les arbres à fruit? ce George Dandin ? Tu as trouvé ton maître, mon fils ; mais, au nom du ciel, ne fais pas cette piteusi^ mme. Regarde-toi, tu as l'air d'un paladin qui partait pour ki croisade et que la pluie a fait rentrer 1 Ris donc un peu ; l'aventure n'est pas tragique.
GASTON
Tu as raison'... Parbleu ! Monsieur Poirier, mon beau-père^ vous me rendez là un service dont vous ne vous doutez pas.
LE DUC
Un service?
GASTON
Oui, mon cher, oui, j'allais tout simplement me couvrir de ridicule ; j'étais en chemin de devenir amoureux de ma femme... Heureusement monsieur Poirier m'arrête à la première station. .
LE DUC
Ta femme n'est pas responsable des sottises de monsieur Poirier. Elle est charmante.
GASTON
Laisse-moi donc tranquille ! Elle ressemble à son père.
LE DUC
Pas le moins du monde.
GASTON
Je te dis qu'elle a un air de famille. .. je ne pourrais plus l'embrasser sans penser à ce vieux crocodile. Et puis, je voulais bien rester au coin du feu... mais du moment qu'on y met la marmite... (u tire M montre.) BonSOir" !
LE DUC
Où vas-tu?
GASTON
Choz madame de Montjay : voilà deux heures qu'elle m'attend.
LE DUC
Non, Gaston, n'y va pas.
Ah ! on veut me rendre la vie dure , ici ; on veut me mettre en pénitence...
LE DUC
Écoute-moi donc!
GASTON
Tu n'as rien à me dire.
LE DUC
Et ton duel?
GASTON
Tiens! c'est vrai... je n'y pensais plus.
LE DUC
Tu te bats demain à deux heures, au bois de Vincenne».