SCENE V
Les Mêmes, VERDELET, ANTOINETTE.
ANTOINETTE
Vous sortez, mon ami ?
GASTON
Oui, madame, je sors, (n sort.)
Dis donc, Toinon? il ne paraît^pas d'humeur aussi charmante que tu le disais.
ANTOINETTE
Je n'y comprends rien...
LE DUC
Il se passe ici des choses graves, madame,
ANTOINETTE
Quoi donc?...
LE DUC
Votre père est ambitieux.
VERDELET
Ambitieux 1... Poirier?
LE DUC
Il avait compté sur le nom dé son gendre pour arriver...
VERDELET
A la pairie, comme monsieur Michaud ! (a pan.) Vieux foui
LE DUC
Irrité du refus de Gaston, il cherche à se venger à coups d'épingle, et je crains bien que ce ne soit vous qui payiez les frais de la guerre.
ANTOINETTE
Comment cela?
VERDELET
C'est bien simple... si ton père rend la maison odieuse à ton mari, i) cherchera des distractions dehors.
ANTOINETTE
Des distractions dehors ?
LE DUC
Monsieur Verdelet a mis le doigt sur le danger, et \ous seule pouvez le prévenir. Si votre père vous aime, mettez-vous entre lui et Gaston. Obtenez la cessation immédiate des hostilités : rien n'est encore perdu... tout peut se réparer.
ANTOINETTE
Rien n'est encore perdu ! tout peut se réparer ! Vous me faites trembler ! Contre qui donc ai-je à me défendre?
LE DUC
Contre votre père.
ANTOINETTE
Non, vous ne me dites pas tout... Les torts de mon père né m'enlèveraient pas mon mari en un jour... 11 fait la cour à une femme, n'est-ce pas?
LE DUC
Non, madame, mais...
ANTOINETTE
Pas de ménagements, monsieur le duc... j'ai une rivale.
LE DUC
Calmez-vous, madame.
Je le devine, je le sens, je le vois... Il est auprès d'elle.
LE DUC
Non, madame, il vous aime.
ANTOINETTE
Il ne me connaît que depuis une heure ! Ce n'est pas à moi qu'il a senti le besoin de raconter sa colère... Il a été se plaindre ailleurs.
VERDELET
Ne te bouleverse pas comme ça , Toinon ; il a été prendre l'air, voilà tout. C'était mon remède quand Poirier m'exaspérait,
(Entre un domestique avec une lettre ftur sn plat j\rgCDt.t LE DOMESTIQUE.
Une lettre pour monsieur le marquis.