‹ ThéâtreChapitre 44 sur 254 · SCÈNE VI. ANTOINETTE VERDELET · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. ANTOINETTE VERDELET

ANTOINETTE

Ah ! je viens de perdre tout ce que j'avais gagné dans le cœur de Gaston... Il m'appelait marquise, il y a une heure., mon père lui a rappelé brutalement que je suis mademoiselle Poirier.

VERDELET

Eh bien ! est-ce qu'on ne peut pas aimer mademoiselle Poirier?

ANTOINETTE

Mon dévouement aurait fini par le toucher peut-être, ma tendresse par attirer la sienne ; il était déjà sur la pente insensible qui le conduisait à moi ! mon père lui fait rebrousser chemin ! Sa maîtresse ! Il est impossible qu'elle le soit déjà, n'est-ce pas Tony? Est-ce que tu crois qu'elle l'est?

VERDEI ET.

Moi? pas du tout!

ANTOINETTE

Qu'il lui fasse la cour depuis quelques jours, je le comprends;

iTiais pour être son amant, il faudrait qu'il eût commencé le lendemain de notre mariage, et ce serait infâme !

VERDELET

Oui, mon enfant.

ANTOINETTE

Il ne m'a pas épousée avec la certitude qu'il ne m*aimerait jamais... il n'a pas dû me condamner si vite.

VERDELET

Non, sans doute.

Tu n'en as pas l'air bien sûr... es-tu fou, Tony, d'accueillir un soupçon si odieux ! Je te jure que mon mari est incapable d'une infamie. Réponds don« que c'est évident! Le prends-tu pour un misérable?

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