SCENE VIL Les MÊMES, POIRIER
POIRIER
Dis donc, fifille... Antoinette... (a verdelet.) Qu'est-ce qu'elle regarde là, une lettre? (u la prend.)
ANTOINETTE
Laissez, mon père, c'est une lettre pour M. de Presles. -
POIRIER , regardant l'adr«ss«.
Jolie écriture ! (u la sent.) Ça ne sent pas le tabac. C'est une lettre de femme.
ANTOINETTE
Oui, de madame de Montjay, je sais ce que c'est.
POIRIER
Comme tu as l'air agité... Est-ce que tu as la fièvre.- (n loi pmiKi u main.) Tu as la fièvre !
6« LE GENDRE DE M. POIRIEIi»
ANTOINETTE
Non, mon père.
POIRIER
Si fait! Il y a quelque chose. Voyons, parle.
ANTOINETTE
Il n'y a rien, je vous assure...
VERDELET, bas a Poirier.
Laisse-la donc tranquille... elle est jalouse.
Tu es jalouse? Est-ce que le marquis te ferait des traits, par hasard? Nom de nom ! si je le savais I
ANTOINETTE
Si VOUS m'aimez, mon père...
POIRIER
Si je t'aime !
ANTOINETTE
Ne tourmentez plus Gaston.
POIRIER
Est-ce que je le tourmente? je fais des économies, voilà tout.
VERDELET
Tu fais des taquineries, et elles retombent sur ta fille.
POIRIER
Mêle-toi de ce qui te regarde, (a Antoinette.) Voyons, qu'est-ce qu'il t'a fait , ce monsieur? je veux le savoir.
ANTOINETTE, efflray^.
Rien... rien... n'allez pas le quereller, au nom du ciel !
POIRIER
Pourquoi es-tu jalouse? Pourquoi mangeais-tu des yeux cette lettre? ( n la prond.) Est-ce que tu crois que madame de Montjay?.,
ANTOINETTE
Non, non...
Elle le croit, n'est-ce pas, Verdelet?
VERDELET
Elle suppose...