ACTE I, SCENE V. H
sa vie si couple et pourtant si remplie? Est-il besoin de vous rappeler?...
LE MARQUIS , 86 levaiit à soR tour. ' Quoi? les exploits de monsieur Bernard Stamply? L'affaire de Vûlonlina! Je t'en tiens quitte... Assez longtemps son père nous en a rebattu les oreilles. Encore s'il s'en fût tenu là; mais croiriez-voiis, Baronne, qu'un jour il m'apporta un paquet de lettres... il y en avait, ma foi, haut comme ça... en me priant de vouloir bien y jeter les yeux... C'étaient les lettres de son 61s.
LA BARONNE
Les lettres de monsieur Bernard 1
LE .MARQUIS
Qu'il conservait comme des reliques.... Moi, toujours plein d'attentions pour ce vieux, je pris le paquet, je le fourrai dans un tiroir, et le lui rendis quelques jours après, en lui disant pour le flatter : C'est très-bien, papa Stamply, c'est très-bien... jolie main, bonne ponctuation, orthographe irréprochable. C'est dommage que ce garçou soit mort, il aurait fait son chemin. Je suis trèscontent de ses lettres.
LA BARONNE
Vous les aviez lues?
LE MARQUIS
Moi?... pas une seule.
HÉLÈNE, passant devant Raoul.
Eh bien ! moi , je les ai lues, mon père. LE MARQUIS, étomié.
Pas possible !
HÉLÈNE
Ces lettres sont encore entre mes mains, le bon monsieur Stamply me les a données à son lit de mort, et croyez-moi , il pouvait les montrer avec un juste orgueil , c'étaient ses titres de noblesse.
LE MARQUIS
Comment?
HÉLÈNE
Oh ! oui, mon père, je les ai lues, et vous-même, en les lisant ces lettres d'un soldat , toutes écrites dans l'ivresse du triomphe,
■ > ta Baronne, le Marquis, Racuî, Hélène. Les laquais emportent la table par la porte du fond, t. La Barouie, le Marquis, Hélène, Raoul.
iè MADEMOISELLE DE LA SEIGLIERB,
le lendemain d'un jour de combat , vous eussiez envié un pareil fils. Tenez... <:elle où il envoyait à son père le premier bout de ruban rouge qui avait brillé sur sa poitrine... Le rubau'sV trouve encore, terni par la fumée de la poudre et par les baisers du vieux père. Ce n'est pas la croix de Saint-Louis, et pourtant vous l'eussiez touché avec respect ; celte lettre n'est pas d'un gentilhomme , et pourtant , vous eussiez été fier de presser la main qui l'avait écrite.
RAOUL , prenant la main d- Hélène, Bien , Hélène , bien !
LE MAr.QUl9.
Voyons, voyons, calme-toi... à qui diable en as-tu?
LA BARONNE
Quel feu! quel enthousiasme! En vérité, chère enfant, il est heureux que monsieur Bernard ne soit plus de ce monde.
LE MARQUIS
Et pourquoi?
LA BARONNE
C'est qu'il serait pour mon fils , pour le futur mari d'Hélène ,
un rival dangereux peut-être.
HÉLÈNE
Madame ! {Elle remonte et va s'asseoir près du guéridon à droite. La Baronne va à elle et lui donne affectueusement la mainK)
LE MARQUIS, rmnt.
Ah ! ah ! bravo!.. Hein? Raoul, qu'en dites-vous? La fille d'un La Seiglière amoureuse d'un hussard , d'un hussard de Buonapartel...
RAOUL
Eh! eh! monsieur le marauis, Bonaparte était membre dé l'Institut.
LE MARQUIS
Eh bieni il ne lui manquait plus que cela, (j'asmin entre /ond, tenant à ta main un paquet de lettres e ' de journaux., Mais assez parler des Stamply, occupons-nous c'3 choses plus graves *. — Jasmin, piqueurs, chevaux et chiens, \\\i<d tout gUit prêt pour le départ! je m.OGterai Roland. Qu'apporU^-tu là?
i. e Marquis, Raoul, au milieu; la Baronne, Hélène, à droite, •t 1.6 Marquis, Jasmin, la Baroone, Hélène. lU^uu