Hëlèoc, Raoul, le .Mariiuia
LE MARQUIS
Woi?... Je m'en lave les mains... C'est la baronne qui prétend que vous vous adorez... que vous êtes créés l'un pour l'autre;
HÉLÈNE
Elle a peut-être raison. Raoul est un galant homme. Dès l'enfance, nous nous appelions frère et sœur. Cependant, je suis heureuse de vivre près de vous, pour vous seul, et mon cœur ne rêve, ne demande rien au delà.
LE MARQUIS
Et moi aussi , je suis heureux ; crois-tu qu'il me déplaise d'avoir en cage un si gentil oiseau qui ne gazouille que pour moi? Mais, que veux-tu? la baronne dit qu'il faut vous marier.
HÉLÈNE
Plus tard... rien ne presse.
LE MARQUIS
Le fait est , ma pauvre enfant , que j'aurai là un piteux gendre... Un gentilhomme de vingt ans, qui tire sa poudre aux moineaux et se fatigue à courir un cerf!
HÉLÈNE, grondeuse.
Et vous, mon père, vous ne vous ménagez pas assez... Vous exposez vos jours comme s'ils ne m'appartenaient pas. Voyons, asseyez-vous. [Le Marquis s'assied près du guéridon à droite.) Pour attendre l'heure du diner, ne prendriez-vous pas .bien un verre de vin d'Espagne?
J'en prendrai bien deux.
HÉLÈNE
Avec des mouillettes de biscuit?
LE MARQUIS
Pas plus épaisses que la langue d'un chat.
flÉLÈNE.
Jasmin, ôtez les guêtres de monsieur le marquis. (Pendant que Jasmin est aux pieds du Marquis à droite^ elle va chercher sur la console le plateau sur lequel est le flacon de vin d'ES' pagne et Vassiétle de biscuits, qu'elle remet ensuite a Jasmin.)
LE M\RQUIS.
Bonne fille, va!... (// boit.) Bah '... tu seras baronne de Vaubcrt...