‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 12 sur 160 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

PIERRE

Plusieurs ensemble? Est-ce que ce serait... par rapport aux élections?.,. On en cause...

MUREL.

Assez! Écoute-moi! Tu vas me faire le plaisir d'aller chez Heurtelot le cordonnier, et prie-le de ma part...

PIERRE

Vous, le prier, monsieur Murel!

MUREL.

N'importe ! Dis-lui qu'il n'oublie rien !

PIERRE

Entendu !

MUREL.

Et qu'il soit exact ! qu'il amène tout son monde

PIERRE

Suffit, monsieur I j'y cours !

// sort.

SCÈU^E II MUREL, GRUCHET.

MUREL.

Eh ! c'est monsieur Gruchet, si je ne me trompe

GRUCHET,

En personne! Pieire-Antoine pour vous servir.

MUREL.

Vous êtes devenu si rare clans la maison !

GRUCHET.

Que voulez-vous? avec le nouveau genre des Rousselin! Depuis qu'ils fréquentent Bouvigny, — un joli coco encore, celui-là, — ils font des embarras!...

MUREL.

Comment?

GRUCHET.

Vous n'avez donc pas remarqué que leur domestique maintenant porte des guêtres ! Madame ne sort plus qu'avec deux chevaux, et, dans les dîners qu'ils donnent, — du moins, c'est Félicité, ma servante, qui me l'a dit, — on change de couvert à chaque assiette.

MUREL.

Tout cela n'empêche pas Rousselin d'être généreux, serviable!

GRUCHET.

Oh ! d'accord ! plus bête que méchant! Et pour surcroît de ridicule, le voilà qui ambitionne la députalion ! Il déclame tout seul devant son armoire à glace, et, la nuit, il prononce en rêve des mots parlementaires.

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