CHOEUR DE COUTURIERS ET MODISTES
offrant les consolations puisées dans les douceurs
de leur art.
JEANNE les regarde quelque temps sans comprendre} j
puis tout à coup : '
Misérables ! c'est vous qui en êtes cause avec j
vos fadeurs imbéciles. Allez-vous-en, mensonges |
du cœur et de la joue, hypocrisies, maquillages, '
faux sentiments, faux chignons, poitrines débrail- |
CINQ.Ulè.ME lABlEAU, SCÈNE VII f. JI9
lées, âmes étroites! Je hais tout cela! Non ! non! plus de tout cela !
Ellf déchire tes vrionfiitt.
Où est-il ?... Je veux lui dire que je le trompais!... Paul! Pau!!
Elle court de côte et d'autre, l'perdue, htiletanle, renversent tout devant elle. — Les couturiers et les modistes s'enfuient*
Altends-moi ! réponds î Je vais venir ! Me vois-tu ? Écoute ! Pnul !
Elle revient sur le devant de la scène, près de Couturin, qui est le Rci des Gnontes.
Ah ! je l'ai perdu pour toujours !
LE ROI
Par ta faute ! Tu t'y es mal prise !
JEANNE
N'csi-cc pas? j'aurais dû me nommer!
LE ROL Tu eu serais moite, l'oublies-tu?
JEANNE
Ah! mais que fallait-il donc faire? Et d'est moi-même qui l'ai chassé! Plutôt que de me contraindre dans tout ce factice qui m'étouiïait le cœur, j'aurais dû lui parler simplement et ne
JiO lî CHAT! AU DIS CÔlUfti.
pas l'étourdir par le caquet de mes élégances j
ineptes. Si j'avais été une autre, je lui aurais plu i
peut-être? Il lui faudrait quelqu'un avec moins de |
fard aux pommettes, de sottises aux lèvres, de j
singeries dans lei manières; une femme... qui le |
gagnerait par la modestie de sa tendresse... une '
bonne épouse... une simple bourgeoise. i
LE ROI. j Tu veux en être une?
JEANNE
Est-ce qu'il m'aimerait alors? -|
LE ROI
Je le pense ! ;
JEANNE. I
Comment le devenir ?
LE ROI. I
Oh ! cela est facile ! ' )
JEANNE
Fais donc ! ^
LE ROI. '
Tu l'exiges ! ]
CiNQ^UlfcME TABLEAU, ScfcsÈ Vil:. jil
JEANNE
Oui ! oui I Où donc le trouver ?
LE ROI, l'entraînant p.ir la m^iii, iivec auturitr.
Viens ! Par là ! Suis-moi !