LE NAIN, GÉNÉRAL DES GÉANTS
Ils ont franchi les limites de vos Étals, Majesté !
JEANNE
Eh bien?...
LE ROI DES GNOMES, descendant vcri elle par le côté gauche.
N'est-ce pas le plus grand des crimes, ù lumière des étoiles ?
JEANNE, comprenant.
Ah!... en effet... certainement! Vous avez bien agi, général! et vous aussi, les noirs !... et vous aussi, mon peuple !... Mais... en raison même de cet excès d'audace, nous desirons interroger 1 s deux coupables, seule !
Au roi des Gnomes.
Sans notre premier ministre !
Il s'incline.
S'il est besoin de vous...
Lui montrant le sifflet.
on vous appellera, voua savez !
// disparaît brusquement par une trappe, dans le trône.
Comment? disparu déjà?... Je ne l'ai pas vu sortir !
A demi-voix.
Ah ! tant mieux, il nous importunerait !...
SCÈC^CE V
JEANNE, PAUL, DOMINIQ.UE, puis LE ROI DES GNOMES.
JEANNE, après que la foule s'est écoulée.
Bien que je sois la reine, il me faut subir pourtant les lois de ce pays. C'est en verlu d'elles que. mon peuple vous a tout à l'heure arrêtés. J'ai dû, quand il était là, lui donner raison. A présent je vous pardonne, vous êtes libres !
DOMINIQUE, à part
Quelle bonne femme !
JEANNE
Je veux d'abord vous relirer ces chaînes, sans que personne le sache toutefois, excepté le premier ministre, — Où est- il ? — Ah ! le sifflet!
Elle siffle. Le Roi des Gnomes, à Vinstar.t, se trouve près d'elle.
DOMINIQUE, àpart.
D'où sort-il donc, celui-là ? Je n'aime pas ces manières d'entrer ! Quand nos affaires allaient si bien!
PAUL, contidrrjnt le Roi des Gnomti.
C'est éti'ange ! Je l'ai déjà vu... mais oui 1... Dans ce bal . . . ou plutôt. . . ne serait-ce pas l'homine du cabaret? II y a là-dessous... quelque piège...
JEANNE, au Roi des Gncmes.
Faites tomber leurs chaînes !
Bas.
J'avais besoin du secret... lu m'excuses?
LE ROI
Sans doute !
Haut.
Oh ! immédiatement, Majesté!...
// s'avance gravement vers les deux prisonniers, et sans effort, rien qu'en les touchant, il brise leur chaîne, anneau par anneau, avec ses doigts. Les tronçons tombent sur le sol, a>ec un grand bruit de fer.
DOMINIQUE
Tudieu ! quel poignet !
PAUL
C'est lui !
Il se penche pour V examiner } le Roi des GiOmes a di/pcra.
JEANNE, à pan.
Aussi discret que dévoué, ce bon génie !
Haut à Paul.
Mais qui vous gêne encore ? Cependant, voyez
VOS mains, elles sont délivrées; toutes ces portes, elles sont ouvertes. N'avez-vous rien à nous dire?...
PAUL, froidement.
Des remercîments, il est vrai !
JEANNE, piquée.
Ah !... c'est tout?...
PAUL, lentement.
Que demandez-vous de plus ? Sais-je d'ailleurs quel motif... ?
DOMINIQUE, àpart.
L'imprudent !
Haut.
Ah ! Majesté, reine, déesse, reflet de la lune, nos cœurs débordent de reconnaissance !...
JEANNE
Bien ! — Plutôt que de conlinuer vos courses périlleuses, il serait meilleur pour vous de rester dans ce royaume.
DOMINIQUE
Certainement; moi, j'accepte!
JEANNE, à pan.
Il lie répond pas !...
Haut.
Je dis dans celte ville, à ma cour, où je vous offrirais quelque fonction.
PAUL, brièvement.
Je refuse !
JEANNE
Même celle de premier ministre.
PAUL
Oui!
JEANNE, àpart.
Que veut-il donc?...
Elle étend son bras vers Varcade du milieu ouverte.
Regarde ! Voici la capitale de mes États, ma grande ville de Pipempohé. Elle a vingt-quatre lieues de tour, trois millions d'habitants, six fleuves qui la traversent, des palais d'or, des maisons d'argent, et des bazars tellement interminables qu'il faut un guide pour vous conduire dans la forêt de leur piliers de cèdre. Je te la donne.
PAUL
Je n'en ai pas besoin 1
368 LÉ CrtATEAU t)Eè COEURS.
JEANNE
Ah ! quel orgueil !
Au géant qui est au fond, à droite.
Relève !
Le géant relève, comme a fait Vautre, le store de bamhci^s dorés. On aperçoit un golfe semé de navires, — une foret plus loin.
Et tu auras mon port, mes marins, mes vaisseaux, toute la mer, avec les îles et les contrées que l'on découvrira.
PAUL
A quoi bon ?
JEANNE
Tu accepteras ceci, j'espère !
Au secoid géant.
Relève I
Le géant relève le store de gauche et l'on aperçoit, entre des rochers noirs et d'aspect horrible, un grand bloc éclatant de blancheur.
Cette montagne est tout en diamant. Les magiciens qui sont à mon service la couperont, et je te fournirai des éléphants pour en emporter les morceaux.
PAUL
C'est un bagage trop lourd, Majesté !
JEANNE
Est-ce mon trône que tu désires?... Je puis t'y faire asseoir près de moi !...
Avec tendresse.
et même en descendre, pour (jue tu y re^tC5 seul?
PAUL
Ma place est plus loin ; j'ai une tâche a exécuter.
JEANNE
Ah ! Et si je l'en empêche?
PAUL
Elle se trouve au-dessus de tous les pouvoirs !
JEANNE
Mais si je le retenais?
PAUL
J'aurais encore la liberté de vous haïr !
JEANNE
Me haïr ! — Lt tu refuses mon tr<')ne ? C^i'cstelle donc, celle mission si extraordinaire?...
PAUL
Personne, je vous le dis, n'en doit rien savoir.
JEANNE
Mais moi?
Vous suriout !,..
PAUL
JEANNE
Quelle audace!
DOMINIQUE, bas.
iMonsieur ! Monsieur ! pas de folies ! D'un mot elle peut faire sauter nos têtes comme deux volants; si vous ne voulez pas, refusez avec politesse! Du calme! de l'astuce !
PAUL
Eh ! je ne crains rien ! A mesure que je me rapproche du but, il se fait des lumières dans mon esprit. Et vous qui m'apparaissez maintenant sous la figure d'une reine au milieu d'épouvantes et de somptuosités, vous n'êtes rien autre chose que cette même femme qui a déjà voulu m'arrêter par d'absurdes élégances, et qui plus tard a tâché de me séduire avec les charmes d'un bonheur vulgaire. Ah ! je vous connais.
JEANNE, àpart.
Malheureuse ! A moitié seulement, et pour m'exécrer davantage.
PAUL
Car vous n'êtes, avouez-le donc ! que l'instrument des génies funestes! Mais je ne succomberai
SEPTIÈME TABLEAU, SCkNB V. J71
pas plus SOUS votre puissance que je n'ai été vaincu par les autres tentations ! Accumulez lesobstarles! Ma volonié est plus solide que vos citadelles et plus fiers que vos années.
JEANNE
Insensé !
Appelant.
i nègres I
Arrivent quatre nègres aec des poignards. — Aux deux premiers.
Approchez, vous deuxl... Tirez vos poignards.
/// marchent sur Paul et Dominique en levant leurs longs coutelas. Paul reste impassible ; Dominique est presque évanoui de terreur. — Troidemcnt.
Tuez-vous !
Les dfux nègres tremblant et hésitent.
Avez-vous eii tendu ?
Us se percent de leurs poignards et tombent morts. — Aux deux autres.
Emportez cela !
Les deux nègres survivants emportent les deux cadavres. — A Paul.
Doutes-tu encore de ma puissance?
DOMINIQUE, il genoux, les mains jointes.
Non ! non ! Moi, d'ailleurs, je n'ai rien dit !
Penses-tu qu'avec un peuple pareil je manque de moyens pour te contraindre ? J'ai ma tour de fer, bâtie sur un roc d'airain, dans un lac de soufre; et au-dessus d'elle, pour empêcher de fuir par les airs, il y a continuellement quatre griffons tenant des nuages dans leur gueule et qui tourbillonnent en regardant sous eux. J'ai au fond d'un puits de marbre, après des centaines d'escaliers, un cachot plus étroit qu'un cercueil, dont les pierres vous dévorent, et où les captifs ne peuvent pas mourir! Mais je te ferais, s'il me plaisait, écraser sous mes chariots, brûler dans mes fours à porcelaine, dévorer par mes tigres, ou boire d'un tel poison qu'immédiatement tu disparaîtrais et qu'il ne resterait de toi sur la terre, pas plus que d'une goutte d'eau évaporée! Eh bien... va-t'en !,.. tu es libre.
PAUL, croisant les bras.
De quelle façon ?
JEANNE
Tu peux sortir de mon royaume.
Paul fait un geste de doute.
Oui, sans que personne t'en empêche.
PAUL
Qui me l'affirme ?
JEANNE déchire son ècharpe au'dfuui de U frange, et y imprime ion cjchn.
Mon nom sur celte bribe de salin suflîra pour vous mener jusqu'aux frontières... et peut-être, un jour, s^i tu la conserves, tu t'accuseras d'avoir répondu par des outrages aux offres les plus magnifiques et les plus tendres que joniois un homme ait reçues d'une reine !
A Dominique, lui tendant le sauf-co\dt.i,.
Tiens, prends !
Avec un geste d'autorité.
Sortez !
/// s'en vont par la g.:!erie. Jeaiinr Us suit du il^-.'J ptiJ^ut lor.'Uwps.
SCË^E VI
JHANXn, seule.
Que lui ai-je donc fait, pour qu'il me fuie toujours? 11 m'a été impossible de l'éb'ouir avec mon pouvoir, et .ma générosité ne l'a pas ému !
Elle marche lentement en regardait les murs.
Qu'ai-je besoin de tout cela maintenant, puisqu'il le refuse!... Je vais abandonner ce royaume... ei le suivre... parlout... de loin...
Elle s'affaisse sur les degrés du t.'ôr.e.
Ah ! j'avais plus de bonheur autrefois, quand
je n'étais qu'une pauvre laitière. Un jour... je me rappelle... je suis venue dans sa mansarde, il me vanta ma jolie figure... mes mains qu'il a presque portées à ses lèvres... Et aujourd'hui non seulement il ne me reconnaît plus, mais il me hait. Par quelle fatalité ? Et pourquoi se trompe-t-il sur ces bons génies, quand ils ne travaillent au contraire qu'à notre félicité commune.
J)es éclats de rire stridents éclatent au dehors, à gauche^ derrière le trône.
Ah! ce sont mes petits bouffons, dans la salle à côté, qui s'amusent !
Un bruit de voix joyeuses s'élève.
Quelle gaieté !
SCÈC/^E VU
JEANNE, LE ROI DES GNOMES, entrant ' de côté, dans son costume de gnome. i
JEANNE, à sa vue, pousse un cri d'effroi. j
Qu'est-ce donc ? '
LE ROI
Rien ! Nous nous amusons beaucoup ! tu l'as dit!
JEANNE. j
Ces voix tout à l'heure, cette apparence... que I signifie...?
SEPTIÈME TABLEAU, SctVi VII. ^75
LE ROI
Ceux qui rient là, à cote, ce sont les ^énics acharnés à ta perle, comme a celle i!c Ion amant. Moi, qui l'ai conduite jartout, conciliée et fait semblant de le scnir, je suis ieiir maître, le Roi des Gnomes.
JEANNE, .mrrr.f.
Le Roi des Gnomes !... des Gnomes 1...
LE ROI
En vertu de ma volonté, jamais il ne t'aimera, et, à peine arrivé sur nos terres, il est perdu.
JEANNE
Impossible ! Je cours aj^rès...
LE ROI
Il est trop tard! et quand nic^me il reviendrait, je suis sûr de sa défaite.
JEANNE, avfc imp>itifnce.
Non ! non ! non ! Je vais donner des ordres.
LE ROI
Oh ! tant qu'il te plaira !
JEANNE
Tu vas t'y opposer, n'est-ce pas?
}5f6 LÉ CHATEAU DES COSURS.
LE ROI
Au contraire ! Tu seras obéie poncluellement. Essaye.
Le Roi des Gnomes sort en riant ; et les rires, dans la coulisse, redoublent.
JEANNE, seule.
Que veulent-ils donc contre lui ? et dans quel but? Qu'importe! un péril le menace. Il y tombe, peut-être? Il est perdu. Ah! qu'il revienne! Que faire ensuite? Je n'en sais rien. Nous fuirons. Appelant.
Général !
Le nain, général des géants, paraît.
Oh ! non pas lui ! C'est un des leurs! D'autres ! le chef de ma garde, le chancelier, des soldat?, quelqu'un 1 Venez donc ! venez donc !
scè::^e IX
JEANNE, UN OFFICIER avec des soldats, LE CHANCELIER.
JEANNE, à l'officier.
Ces deux étrangers partis tout à l'heure, cours
SEPTIÈME TABIEAU, SCÈNE IX. p7
après ! Malgré notre sauf-co;iduit royal, quoi qu'ils fassent, tu m'cntend>, je les veux ! ramî-nelesl Tu m'en réponds sur la léle !... Plus vile. Vofficier et les soldait rorttnt pjr la dioite. — Au chancdier. Pourquoi donc t'ai je appelé, toi?... Ah 1 tu dois avoir encore entre tes mains l'ordre de supplice de cet homme... lu ?ai--... qui a pleuré l'autre jour.
LE CHANCELIER, oec une grande rtfin.ce, le lui montrant.
Le voici, gracieuse .Majesté.
Donne !
Elle le déchire en morceaux.
Je lui fais grâce!...
Le chancelier la regarde, ttupefait.
Oui ! entièrement grâce !... Va le délivrer loimùme, et tu auras soin qu'on lui porte, pour qu'il n'ait plus faim à l'avenir, trois tonnes d'argent et la ciiarge en blé de quatre dromadairc^. Fausse sortie du chancelier.
Ecoute donc ! Il doit y avoir beaucoup d'esclaves dans mes jardins? Qu'on brise leurs chaînes et qu'on les renvoie, sur de» vaisseaux, dans leur patrie ! Ensuite, tu prendras aux magasins du palais tous les vêtements qui s'y trouvent : les dolimans de fourrures, les vestes en brocart d'or.
les robes tissues de perles, et tu les distribueras aux habitants de ma ville, en commençant par les plus pauvres ! . . . Reviens ! Je n'ai pas fini ! On tirera des arsenaux toutes les armes, et l'on en fera sur les places de grands bûchers qui réjouiront les veuves ! Comme j'ai trop de parfums, qu'on les jette par les fenêtres pour laver les rues ! J'ordonne qu'il n'existe rien des commandements portés jusqu'à ce jour en mon nom ! Je veux qu'il n'y ait plus dans mon royaume une seule douleur, mais un même sourire de joie sur la face de tout mon peuple ! Rien, maintenant, que des larmes d'allégresse et des bénédictions pour moi !
Paul et Dominique rentrent à droite, par la portière, avec l'officier et les soldats.
Ah!
A l'officier.
C'est bien ! Laissez-nous !
SCÈC^E X JEANNE, PAUL, DOMINiaUE.
PAUL, ironiquement.
Je me doutais de celte clémence, ô Reine!
SEPTIÈME TAiLEAU, SCInE X. J 7«>
Malheureux qui me cnlomnie encore 1 Ëcoute, il y va de ton salut.
DOMINIQUE
Peut-élre du mien ! Miséricorde !
JEANNE
De ta vie !
PAUL
Que vous importe ?
Un long silence.
JEANNE
C'est à moi que tu le demandes, toi!... toi, Paul de Damvilliers!
PAUL
Qui vous a dit mon nom?
JEANNE, ff rement.
Eh ! que t'importe à ton tour ?
Silence.
PAUL
Ah ! je comprends. Fn effet, vous avez pour vous la science des Gnomi?s ; moi, j'ai h protection des Fées. Je vous défie.
JEANNE
Ah! oui, insulte-moi, méprisç-moi, exècre-moi
bien ! Mais au nom de tout ce qu'il y a de plus sacré, par les âmes de ceux qui te sont les plus chers, par pitié pour toi-même, je t'en supplie, reste, reste ici !
Je partirai, cependant !
JEANNE
Pourquoi donc t'obstines-tu à ne jamais me croire ?
PAUL
C'est que vous m'avez déjà trompé sous tant de formes ! Tout à l'heure encore, vous m'accabliez d'offres et de protestations, et puis à propos de rien, subitement, voilà que vous reprenez avec violence cette liberté que vous aviez eu tant de mal à fournir !
JEANNE
Mais lu ne sais pas que lu te précipites à une mort certaine, puisque je ne le savais, pas moimôme. Jusqu'à présent, j'étais la victime d'esprits infernaux dont je ne soupçonnais pas les desseins.
PAUL
Ali ! c'est un autre artifice maintenant?
JEANNE
Non, je te jure. Ne t'en va pas !
PAUL
Eh ! tous les hasards sont moins périlleux que vos serments.
JEANNE
Regarde-moi donc! Est-ce que j'ai l'air de mentir?
PAUL
Un nouveau piège! Car plus je vous considère, et plus votre visage, évoquant pour moi des S'juvenirs lointains, m'en représente un autre... celui d'urie jeune fille.
JEANNE
Achève !
PAUL
Elle valait mieux que toutes les reines ; et j'aurais bien fait peut-èire de retourner en arriére dans ma vie, plutôt que de toujours poursuivre en avant !
JEANNE
Giandeur de Dieu I que'le punition !
PAUL
Rien qu'une justict- !
JEANNE
Mais c'est affreux ! Tu ne me reconnais donc pa£, quand tu sauras... quand je te dis... !
LE ROI DES GNOMES, apparaissant tout à coup. Prends garde !
PAUL, à part.
Encore lui 1
JEANNE
Je ne t'ai pas appelé, toi ?
LE ROI DES GNOMES, avec un grand salut. Raison de plus pour venir, ô Reine !
JEANNE
Va-t'en, va-t'en ! Je le sauverai seule !
LE ROI DES GNOMES
Mais tu vois bien que le misérable lui-même ne veut pas de ton secours.
JEANNE, à Paul, qui est déjà remonte au milieu de la scène.
Grâce ! Reviens !
PAUL
Jamais !
Il entraîne Dominique immobile de terreur, et s'en va par le fond.
JEANNE
Au nom du souvenir dont tu parlais tout à l'heure ! Dussé-je pour te convaincre donner ma vie... !
PAUL
Je n'en ai que faire de vos dons !
SEPTIÈME TABLEAU, SCÈNE X. j8j
JEANNE
Écoute, je suis...
Poulet Dominique ont disparu. Le Roi des Gnomri étend la mcin sur Jeanne qui balbutie d'une voix mourante :
Jeanne la laitière !
Elle tombe comme foudroyée sous la main du Roi des Cnc» mes... Alors, toutes la manhes du trône t'enir'outrent ; et les Nains, avec les tètes de gnomes qu'ils avaient au premier tableau, s'élancent autour d'elle, dansant et chantant.
Elle est morte, elle e>t morte ! Personne désormais ne nous contrariera. Enfin ! nous triomphons ! Haha ! haha 1 haha !
LA REINE DES FÉES apparaît debout sur le trône.
Non, elle n'est pas morte!
Elle descend gravement les marches du trône et étend son manteau sur Jeanne pour la défendre.
Son abnégation l'a sauvée !
Les Gnomes, reculant, font un cercle au milieu duquel te trouve Jeanne et la Reine des Fées.
^^0^ml^^^^^^