‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 141 sur 160 · VOIX LOINTAINES · texte numérisé non relu

VOIX LOINTAINES

Vengeance ! La mort ! la mort !

LE ROI DES GNOMES, à un des géants près det stores.

Relève !

Le géant, sans monter sur les marches, allonge le bras et il relève d'un seul coup jusqu'en haut le store de bambous dorés qui ferme l'arcade extérieure du milieu de la galerie. On aperçoit une ville orientale, minarets, coupoles.

JEANNE gravit vivement les trois marches et se penche pour voir.

Quelle foule ! et avec des piques, des haches, des épées ! La voilà qui bat contre les portes du palais !

LE ROI

Hâte-toi donc, malheureuse ! pour sauver ceux que tu aimes !

JEANNE

Donne !

Elle repousse le papier.

Non ! non !

LE ROI DES GNOMES

Garde au moins le pouvoir quelque temps, ne fût-ce qu'un jour, une heure, et que ce supplice montre...

SEPtlÈMf TABLEAU, SCÈNE III. ^61

JEANNE, emfOTtée.

Eh bien ! qu'il ait lieu quand je n'y serii plus!

LE ROI, servilement.

Demain, si tu veux; tes désirs sont des ordres, Majesté. Voilà.

JEANNE, apposant vite le cachet.

Oui, demain !

LE ROI remet le papier au nain reste près du trône.

Cours !

Le aaia se précipite à droite par la portière, en riant à gorge déployée.

Eh! eh! il est d'humeur folâtre, ce bouffon !

JEANNE, se tordant les mains.

Miséricorde de Dieu ! si j'avais su tout cela... !

LE ROI DES GNOMES, à part.

Nous la tenons! Elle a été coquette, puis stupide; elle devient cruelle! C'est complet!

Cris de joie et applaudissements au dehors. Ton peuple te remercie, ô reine !

JEANNE

Mais un grand bruit de pas se rapproche !...

LES VOIX, deplusprès.

La mort ! la mort !

LE ROI, tout en remontant jusqu'au fond, au delà des trois marches, contre la grande baie du milieu.

C'est qu'il vient lui-même jusqu'ici, pour aider à tes bourreaux et jouir de ton aspect trois fois saint. Entrez !

Alors s'avance par la galerie d'aiord le nain général, puis derrière lui des nègres portant sur leur épaule le bout d'une énorme chaîne qui attache Paul et Dominique. Un flot de peuple les accompagne.

Tout ce cortège, avec le nain en tète, descend les marches de l'escalier et se déploie au fond contre le petit mur de la galerie, laissant au premier plan Paul et Dominique en haillons, très pâles, les yeux hagards, tandis que le Roi des Gnomes reste sous l'arcade du milieu et que les géants en robe notre, dominant par derrière la multitude, se tiennent toujours immobiles devant les stores dorés.

SCÈU^E IV

JEANNE, LE ROI DES GNOMES, PAUL, DOMINiaUE, LE NAIN GÉNÉRAL, Nègres, Foule, etc.

JEANNE, apercevant Paul.

Lui!...

Puis elle s'est contenue, et quand il se trouve en face d'elle, au nain :

Enchaînés ! Pourquoi ?

SEPTIÈME TABLEAU, SCÈNE IV. j6j

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