ACTE I, SCÈNE VII. 3 I
ROUSSELIN, avec douleur.
Gruclict, pas un mot de cela, mon ami ! pas un mot ; ce souvenir. . .
GRUCHET.
Soyez sans crainte; ils ne divulgueront rien, et pour cause !
ROUSSELIN
Alors?
GRUCHET.
Mais vous ne voyez donc pas que ces gens-là nous méprisent parce que nous sommes des plébéiens, des parvenus ! et qu'ils vous jalousent, vous, parce que vous êtes riche ! L'offre de la candidature qu'on vient de vous faire, — due, je n'en doute pas, aux manœuvres de Bouvigny, et dont il se targuera, — est une amorce pour happer la fortune de votre fille. Mais comme vous pouvez très bien ne pas être élu...
ROUSSELIN
Pas élu?
GRUCHET.
Certainement ! Et elle n'en sera pas moiiis la femme d'un idiot, qui rougira de son beau-père.
ROUSSELIN
Oh! je leur crois des sentiments...
ja Le èÂNDiDAf.
GRUCHET.
Si je vous apprenais qu'ils en font déjà des gorges chaudes?
Qui vous l'a dit?
Félicité, ma bonne. Les domestiques, entre eux, vous savez , se racontent les propos de leurs maîtres.
ROUSSELIN
Quel propos ? lequel ?
GRUCHET.
Leur cuisinière les a entendus qui causaient de ce mariage, mystérieusement ; et, comme la comtesse avait des craintes, le comte a répondu, en parlant de vous : « Bah ! il en sera trop honoré ! «
ROUSSELIN
Ah ! ils m'honorent !
GRUCHET.
Us croient la chose presque arrangée !
ROUSSELIN
GRUCHET. ■
Ils sont môme tellement sûrs de leur fait, que j