‹ Théâtre: Le candidat. Le château des cœursChapitre 25 sur 160 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

GRUCHET, àpari.

Maladroit, va !

ROUSSELIN

Le voilà, votre protégé! que voulait-il ? séduire mademoiselle Rousselin ?

GRUCHET.

Oh!

ROUSSELIN

L'épouser, peut-être?

GRUCHET.

Ça vaudrait mieux !

ROUSSELIN

Je crois bien! Maintenant, ma parole d'honneur, on ne respecte plus personne ! L'insolent ! Est-ce que je lui demande quelque chose, moi ? Est-ce que je me mêle de ses affaires ! Qu'il écrivaille ses aru'cles ! qu'il ameute le peuple contre nous ! qu'il fasse l'apologie des bousingots de son espèce! Va, va, mon petit journaliste, cours après les héritières !

GRUCHET.

Il y en a d'autres qui ne sont pas journalistes, et qui recherchent votre fille pour son argent !

Hein?

GRUCHET.

Cela saute aux yeux ! — On vit à la campagne, où l'on cultive les terres de ses ancêtres soi-même, par économie et fort mal. Du reste, elles sont mauvaises et grevées d'hypothèques. Huit enfants, dont cinq filles, une bos?ue; impossible de voir les autres pendant la sen-:aine, à cause de leurs toilettes. L'aîné des garçons, qui a voulu spéculer sur les bois, s'abrutit à Mostaganem avec de l'absinthe. Ses besoins d'argent so:it fréquents. Le cadet. Dieu merci [sera prêtre] * ; le dernier, vous le connaissez, il tapisse. Si bien que l'existence n'est pas drôle dans le castel, oij la pluie vous tombe sur la nuque par les trous du plafond. Mais on fait des projets, et de temps à autre, — les beaux jours, ceux-là, — on s'encaque dans la petite voiture de famille disloquée, que le papa conduit lui-même, pour venir se refaire à l'excellente table de ce bon monsieur Rousselin, trop heureux de la fréquentation.

ROUSSELIN

Ah ! vous allez loin; cet acharnement...

GRUCHET.

C'est que je ne comprends pas tant de respect pour eux, à moins que, par suite de votre ancienne dépendance. . .

* LA CENSURE a biffe le mot prêtre sur mon manuscrit. J'iii mis : Le cadet, Dieu merci, a disparu.

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